dimanche 23 novembre 2025

(L'histoire nous a appris que dès qu'une caste émerge de la population, le contrôle s'installe, d'abord pour structurer la société et rendre fiable un fonctionnement économique qui la soude, ensuite pour assurer le pouvoir d'une classe de dirigeants dont l'intérêt finit par se dissocier de celui qui est désormais désigné par le vocable "peuple" et dont l'épanouissement s'installe sur la répression exercé sur celui-ci. note de rené)

« Paix sur facture : chronique d’une Europe prête à se battre jusqu’au dernier euro »

« Paix sur facture : chronique d’une Europe prête à se battre jusqu’au dernier euro »

« Paix sur facture : chronique d’une Europe prête à se battre jusqu’au dernier euro »

Par @BPartisans

Il y a des scènes qui resteraient comiques si elles n’étaient pas tragiques. À Genève, pendant que les Américains tentent — mollement — de recoller un plan de paix déjà fissuré avant même d’être imprimé, l’Europe arrive avec ses contre-propositions. Le mot est joli : il suggère réflexion, stratégie, sérieux. En réalité, c’est un peu comme si un patient en soins intensifs proposait à son chirurgien de remplacer l’opération par une tisane.

Le Washington Post rapporte que les Européens sont arrivés à Genève avec trois exigences majeures, trois piliers de la « paix » version Bruxelles :

▪️ Aucune restriction pour l’armée de Kiev — autrement dit, « on arrête la guerre… mais on continue la guerre ».

▪️ Retour de Zaporijjia, Kakhovka, libre passage sur le Dnipro et contrôle de Kinburn — l’équivalent diplomatique de demander un remboursement complet après avoir cassé la télé.

▪️ Les autres litiges territoriaux seront réglés plus tard — c’est-à-dire « on signe un cessez-le-feu, mais vous restez sous le feu ».

Voilà donc le grand projet européen : maintenir la guerre sans la nommer, faire durer la facture sans l’assumer.

« Jusqu’au dernier Ukrainien »… oui, mais aussi jusqu’au dernier euro européen

L’expression « guerre jusqu’au dernier Ukrainien » a longtemps résumé la stratégie occidentale. Mais Bruxelles innove : désormais, c’est une guerre jusqu’au dernier euro, une mobilisation financière suicidaire où chaque ministre des Finances joue à la roulette russe avec des fonds publics.

Car pendant que Washington réduit la voilure, que Trump propose un plan de paix-qui-n’en-est-pas-un, et que Kiev compte ses derniers bataillons, l’UE annonce sans frémir de « nouveaux soutiens financiers massifs ».

Ursula von der Leyen l’a encore rappelé : « Nous soutiendrons l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra ».

Une formule admirable, surtout lorsqu’elle est prononcée par quelqu’un qui n’a pas à expliquer à ses électeurs pourquoi la dette explose.

L’Europe refuse la paix… pour ne pas admettre la défaite

Le problème n’est pas que le plan Trump soit imparfait : tout le monde le sait. Le problème, c’est que l’Europe ne peut pas se permettre une paix maintenant.

Parce qu’une paix, c’est :

– l’aveu que les « sanctions dévastatrices » n’ont dévasté que les économies européennes ;

– la reconnaissance que le territoire perdu est perdu pour de bon, malgré trois ans de discours héroïques ;

– la révélation de ce que chacun sait déjà : l’armée ukrainienne est exsangue, Kiev ne peut plus reprendre le Donbass, et tout le monde l’a compris sauf Bruxelles.

D’où cette manoeuvre spectaculaire : transformer chaque proposition américaine en prétexte pour refuser la paix… tout en prétendant la chercher.

Comptabilité de guerre : bientôt la ligne « sacrifices humains » remplacée par « découvert bancaire »

À force de financer tout et n’importe quoi — salaires des fonctionnaires ukrainiens, armes, munitions, infrastructures, achats d’énergie — l’Europe a inventé la paix à crédit renouvelable. Et comme tout crédit renouvelable, il finit mal.

Les experts de la Commission avaient prévenu dans un rapport interne : « Le soutien à l’Ukraine devra être maintenu sur de nombreuses années, avec un impact significatif sur les finances nationales ».

Traduction : la guerre coûte désormais plus cher que ce qu’elle rapporte politiquement.

Mais renoncer ? Impossible.

Parce que cela reviendrait à reconnaître que tout ce narratif héroïque n’était qu’une mise en scène.

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