dimanche 16 avril 2017

Jean-Christophe Lagarde s’inquiète du "risque de fraude électorale" alors que 500.000 électeurs ont reçu deux cartes d’électeur

source : Le Lab Europe 1
Publié à 12h55, le 15 avril 2017 , Modifié à 12h55, le 15 avril 2017


C’est un bug qui concerne environ 500.000 personnes, selon un rapport daté de 2014 de l’inspection général de l’administration (IGA). Il n’est toujours pas résolu. Certains électeurs, à l’occasion d’un déménagement, ont reçu une carte électorale de leur ancienne commune et une autre de leur actuelle. Ils peuvent donc en théorie voter deux fois pour la présidentielle et les législatives.
La situation inquiète plusieurs élus, comme Jean-Christophe Lagarde, qui parle d’un "grave dysfonctionnement" ce samedi 15 avril dans une interview au Parisien. Selon le député et maire UDI de Drancy (Seine-Saint-Denis), cette situation peut avoir un impact sur l’élection. Il déclare :



Des électeurs malhonnêtes peuvent voter deux fois, et il y a un réel risque de fraude électorale. C’est d’autant plus sensible que cette année le résultat s’annonce très, très serré.
Jean-Christophe Lagarde a adressé un courrier au ministère de l’Intérieur pour l’alerter sur ce problème des doubles inscriptions sur les listes électorales. Le député et maire UDI de Drancy (Seine-Saint-Denis) va également "demander une enquête parlementaire pour faire la lumière sur cette situation".
Pour le responsable centriste, c’est "la première fois que nous sommes confrontés à un tel cas de figure". Il pointe du doigt la responsabilité de l’Insee, chargé de gérer le fichier des électeurs, qui "ne fait pas son travail" selon lui. "Quand nous les avons contactés pour les alerter, ils nous ont répondu qu’ils n’avaient pas le temps de contrôler les doubles inscriptions", précise-t-il.
Comme le rappelle Le Parisiendans ce dossier, tout le monde se renvoie la balle. L’Insee se défausse sur les municipalités, estimant que "la responsabilité de la radiation revient in fine à la commune". Quant aux mairies, elles assurent ne rien avoir reçu de la part de l’Insee.
Les choses sont pourtant en théorie simples : quand un électeur s’inscrit sur une liste électorale après un déménagement, sa nouvelle commune envoie un avis à l’Insee. Si l’institut statistique réalise que ce citoyen figure sur la liste d’une autre commune, il transmet une demande de radiation à l’ancienne mairie qui se charge de radier cet électeur.
L’électeur tenté de voter à deux reprises pourrait toutefois réfléchir à deux fois avant le faire : il risque jusqu’à deux ans de prison et 15.000 euros d’amende. Une mise en garde formulée par le ministère de l’Intérieur… le 11 avril 2012, déjà. A l’époque, 400.000 personnes auraient été concernées par ce bug, soit 0,87 % du corps électoral, selon Le Monde.
Le quotidien rappelle que l’IGA préconisait en 2014 la mise en place d’un fichier national unique et informatisé des électeurs pour éviter de telles déconvenues. Le dispositif est prévu dans une loi du 1er août  2016, qui doit entrer en vigueur au plus tard le 31 décembre 2019. 

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