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par Moon of Alabama
À côté de tout ce fatras généré par l’IA qui apparaît à chaque instant, il y a toujours les classiques éléments de désinformation relayés par la presse grand public.
Le Financial Times d’aujourd’hui a présenté ce «scoop» :
«Xi Jinping a déclaré à Donald Trump que Poutine pourrait “regretter” l’invasion de l’Ukraine (archivé)
Xi Jinping a déclaré à Donald Trump lors de leurs entretiens de la semaine dernière que le président russe Vladimir Poutine pourrait finir par regretter son invasion de l’Ukraine.
Selon plusieurs personnes proches de l’évaluation américaine du sommet de la semaine dernière à Pékin, le président chinois a fait ces commentaires au cours d’entretiens de grande envergure qui ont abordé la question de l’Ukraine…»
Ma première pensée en lisant ces lignes a été «n’importe quoi». Pourquoi Xi ferait-il une remarque négative sur le dirigeant du plus important allié de la Chine à l’intention du dirigeant de son ennemi le plus féroce ?
La première incohérence qui saute aux yeux est la différence entre le titre – «Poutine pourrait “regretter”» – et le texte proprement dit – «Poutine pourrait finir par regretter». Ce sont là des affirmations bien différentes. La première évoque une situation actuelle possible, tandis que la seconde décrit une situation future potentielle.
Vient ensuite la question de la source. Quelqu’un aux États-Unis a rédigé une analyse du sommet Trump-Xi de la semaine dernière. Une telle analyse inclurait-elle notamment une citation concernant un sujet qui, à tout le plus, n’était qu’un point secondaire de la réunion ?
Certaines personnes affirment «bien connaître» cette analyse. Qu’est-ce que cela signifie ? Ont-elles lu son résumé ? Et pourquoi plusieurs de ces personnes s’adressent-elles au Financial Times ?
Cette affirmation n’a aucun sens. La source est extrêmement peu fiable. De plus, cette «fuite» est manifestement programmée pour perturber l’arrivée aujourd’hui du président russe Poutine en Chine pour sa rencontre avec le président Xi.
Semer la méfiance entre des alliés «hostiles» à l’aide de fausses informations est un outil bien connu de la stratégie américaine consistant à diviser pour mieux régner.
La Chine a d’ailleurs catégoriquement démenti cette affirmation :
Tout comme Trump :
Le FT entretient des liens étroits avec les services de renseignement britanniques. Il appartient à la société japonaise Nikkei Inc – un conglomérat médiatique bien connu pour ses relations étroites avec le gouvernement japonais et les industries japonaises. C’est de là que provient son ton général anti-Chine.
Un autre média de désinformation privilégié est Reuters, qui tente aujourd’hui également de perturber le sommet Chine-Russie :
19 mai (Reuters) – Les forces armées chinoises ont secrètement formé environ 200 militaires russes en Chine à la fin de l’année dernière et certains sont depuis retournés combattre en Ukraine, selon trois agences de renseignement européennes et des documents consultés par Reuters.
Ces sessions de formation secrètes, qui portaient principalement sur l’utilisation de drones, ont été décrites dans un accord bilingue russe-chinois signé par des officiers supérieurs russes et chinois à Pékin le 2 juillet 2025».
Il est de notoriété publique que la Chine et la Russie entretiennent un «partenariat stratégique global» qui comprend notamment des ventes d’armes bilatérales, des exercices militaires conjoints et des échanges de troupes.
Il n’y a rien de répréhensible à de tels échanges de formation entre alliés. Il y a plusieurs décennies, lorsque j’étais dans l’armée allemande, il y avait des échanges réguliers avec les troupes britanniques, françaises et américaines. J’ai appris à tirer avec le canon d’un char américain M1 Abrams et les soldats américains en échange ont appris à manier les chars allemands Leopard. Il n’y avait pas de communiqués de presse concernant ces événements de formation de routine, mais personne ne les aurait jamais qualifiés de «secrets».
Selon Reuters, quelque 200 Russes se sont rendus en Chine pour s’entraîner avec les troupes chinoises. Certains de ces soldats ont également effectué une mission en Ukraine. Cela a très bien pu se produire.
Mais pourquoi l’article de Reuters donne-t-il l’impression que les Chinois ont enseigné aux Russes la guerre des drones ? Si ces entraînements portaient réellement sur les drones, ce sont très probablement les Russes, qui ont bien plus d’expérience pratique des drones au combat, qui ont formé les soldats chinois, inexpérimentés en matière de guerre.
Des articles comme ceux du FT et de Reuters cités ci-dessus sont régulièrement publiés pour créer un climat d’hostilité envers la Russie, la Chine et d’autres «ennemis».
Ils ne sont ni factuels ni cohérents lorsqu’on les lit avec attention, mais ils empoisonnent la sphère publique.
source : Moon of Alabama
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