dimanche 3 mars 2024

 Y a-t-il eu tentative de meurtre d'un inspecteur principal, enquêtant notamment sur le Qatargate ?  (Belgique)

Impliqué dans des incidents dans un bar du centre de Bruxelles le mois dernier, un inspecteur principal de la police fédérale, qui enquête notamment sur le scandale de corruption par le Qatar au Parlement européen ("Qatargate"), a porté plainte pour tentative d'assassinat. Son analyse de sang a en effet révélé une présence massive d'amphétamines. L’information concernant cette tentative d’empoisonnement, divulguée par Het Nieuwsblad et Le Soir, a été confirmée à VRT NWS.

Fin janvier, le parquet de Bruxelles a confirmé que des faits impliquant un inspecteur principal de la police judiciaire fédérale, accompagné d'une inspectrice et d'un commissaire de l'Office central pour la répression de la corruption (OCRC), qui se sont produits dans un bar de la capitale faisaient l'objet d'une enquête. L’inspecteur avait été arrêté après avoir eu une conduite violente dans le bar. Il aurait notamment frappé un serveur et détruit du mobilier en terrasse. Il se serrait opposé à la police locale, lorsqu’elle lui plaçait des menottes, avant de tomber et de perdre conscience.

L'inspecteur principal a depuis lors porté plainte pour tentative d'assassinat par empoisonnement, ce que confirme le parquet de Bruxelles. L'analyse sanguine effectuée sur l'inspecteur a relevé un taux d'amphétamines extrêmement élevé, plus élevé qu'une consommation "normale" à but "récréatif". Tout cela alors que l’enquêteur assure en interne ne prendre aucune drogue et que lui-même et ses collègues bénéficient d’une excellente réputation. Leur comportement était donc totalement atypique.

Le soir des faits, après un rapide passage devant un médecin et une nuit complète dans les cellules de la zone de police Bruxelles-Ixelles, l'inspecteur principal a demandé à retourner à l'hôpital, souffrant de violents maux de ventre. Sur place, le personnel a réalisé des examens et constaté que le policier était victime de complications médicales graves, notamment une hémorragie interne qui aurait pu être fatale. Il a été hospitalisé plusieurs jours après une opération à l'abdomen.

Ce policier, qui travaille actuellement à l’OCRC, est l'un des cinq enquêteurs de référence dans le dossier de corruptions présumées au Parlement européen, surnommé "Quatargate" par la presse. Il n'a pas souhaité s'exprimer.

Tentative d’empoisonnement?

Le parquet confirme qu’une enquête est ouverte pour tentative de meurtre et que "toutes les pistes restent ouvertes", sans vouloir donner davantage de détails. L’enquête devra déterminer si quelqu’un a versé une substance dans la boisson de l’inspecteur et s’il s’agit d’une tentative d’empoisonnement.

Les deux autres agents qui l’accompagnaient lors de la sortie au bar de Bruxelles n’avaient pas fait de test toxicologique, mais vont maintenant faire faire une analyse de cheveux. Les traces de stupéfiants y restent traçables plus longtemps. Selon le toxicologue Jan Tytgat, on ne peut sentir ni goûter la drogue synthétique amphétamine lorsqu’elle est mélangée à une boisson. Elle rend euphorique mais à dose élevée elle peut entrainer la mort. L’inspecteur serait d’avis qu’on lui a fait ingérer cette drogue sans qu’il ne s’en rende compte.

Si cette hypothèse s’avérait correcte, il restera à déterminer qui a tenté de l’empoisonner pour le tuer, et pourquoi. Y a-t-il un lien avec l’enquête qu’il mène sur le scandale de corruption par le Qatar au Parlement européen ? Plusieurs sources indiqueraient que cette piste n’est pas exclue, mais qu’il est tout de même "peu probable" que les services secrets du Qatar ou du Maroc aient tenté d’empoisonner l’inspecteur pour saboter son enquête.


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