Le site de lancement du missile de longue portée Shahab-3.(illustration)
Entre samedi et dimanche un palier de taille a été franchi : le numéro deux de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Behrouz Kamalvandi, a évoqué dimanche un "incident" ayant provoqué dans le site nucléaire de Natanz, au centre de l'Iran, un incendie.
Partant des dégâts limités, il a annoncé une nécessaire reconstruction de la salle où l'incident a eu lieu, tout comme une remise en l'état des dispositifs de métrage et de mesure qu'elle contenait, qui ont été "réduits en cendres", "retardant un peu les plans en cours à Natanz sans pour autant les paralyser" puisque "le Conseil de sécurité national iranien qui s'occupe du dossier a décidé d’accélérer la cadence, de reconstruire un site mieux équipé dans des dimensions plus larges, et peut-être même en changer le lieu dans un contexte dominé par des impératifs de défense".
Jeudi, le porte parole du Conseil suprême de la sécurité nationale, Kheyvan Khosravi, en a d'ailleurs donné un avant goût quand il a refusé de révéler l'origine de l'incident pour cause, a-t-il dit, des considérations sécuritaires. Mais contre qui l'Iran va riposter ?
Personne ne le sait pour l'heure mais vu la cacophonie paniquée qui règne depuis 72 heures, les yeux se tournent vers Israël bien qu'il soit évident que la petite entité ne saurait avoir monté le coup sans assistance internationale et régionale.
Un peu plus tard, et répondant à une question comme quoi si Israël était oui ou non impliqué dans les incidents de ces derniers jours en Iran, le ministre israélien des Affaires étrangères Ashkenazi, a péroré les mêmes insanités sur les supposées intentions nucléaires et balistiques iraniennes en affirmant que "ce n'est pas le genre d'information à affirmer ou à infirmer".
Mais la réaction la plus significative aura été celle de l'ex-chef du renseignement de l'armée sioniste, Amos Yadlin, qui avait la semaine dernière déjà douché les espoirs sionistes de voir l'Iran quitter la Syrie : "Qu'Israël aille jusqu’à bombarder Soueïda (sud de la Syrie), d'où les Russes nous avaient promis d'écarter l'Iran, cela veut dire que notre campagne de guerre dans la guerre a échoué."
Comme pour anticiper le tonnerre à venir, et peut-être en tempérer l'intensité, DEBKAfile, site proche du renseignement de l'armée sioniste, lançait dimanche ceci : "Les sources de DEBKAfile supposent, d’après les cibles sélectionnées, qu’une opération conjointe Israël-États-Unis-Arabie saoudite est probablement en cours contre l’Iran, car ni des sanctions américaines sévères ni une épidémie mortelle de coronavirus n’ont pu dissuader la République islamique dans sa volonté d’armer son programme nucléaire. Les représailles iraniennes sont donc à prévoir."
Prévoir, dites-vous ? Israël et ses alliés auraient besoin de bien plus que de simples prévisions...
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