Mais que ce même Hezbollah s'engage soudain dans une zone aussi interdite que celle des banques, qu'il remette en cause les principes sacro-saints de l'essence même du système néolibéral, en réclamant que les couches moyennes et défavorisés, ces victimes premières des banques, soient indemnisées et que leur argent volé leur soit rendu, c'est là un affront pire que toutes les défaites militaires que le sionisme international pourrait subir. Le "blacklistage" de la Résistance par Londres et Berlin et qui sera suivi par d'autres capitale européennes renvoie à cette crainte.
Dans son discours daté du lundi 4 mai, le secrétaire général du Hezbollah y est revenu en affirmant que : "La décision allemande était prévue et elle a été précédée par d’autres mesures pareilles de la part de certains pays européens. Nous nous attendons à des actions similaires d’autres pays européens. Cette décision politique est le signe de la soumission des pays européens à la volonté américaine. Les USA possèdent un projet de domination dans la région à travers le projet d’occupation israélien. Ainsi, quiconque ose se mettre en face de ce projet, à savoir les mouvements de Résistance, sera assiégé et combattu. Et à l’approche des élections en Allemagne, certaines parties tentent de plaire aux USA, d’où cette décision prise contre nous. Sachant que l’accusation contre le Hezbollah n’a été accompagnée d’aucune preuve, c’est donc une décision purement politique".
Ce constat ô combien véridique ne va pas sans rapport avec la demande d'aide que l'État libanais se voit dans l'obligation d'adresser au FMI, ce temple de pillage des richesses des nations. Que propose donc le Hezbollah?
"Un débat minutieux", cela veut dire que la Résistance n'est guère prête à voir encore le Liban tomber comme cela a été le cas depuis des décennies, dans l'escarcelle de la dictature des finances et de ses émanations que sont les banques.
"Ces dernières semaines on a longtemps parlé du secteur bancaire, on nous a accusés dans les médias de vouloir détruire ce secteur, alors que pour d’autres le Hezbollah cherche à dominer le secteur bancaire. Tous ces propos sont sans fondement, et c’est une façon de brouiller pour occulter la vérité. Le secteur bancaire a commis beaucoup d’erreurs et doit assumer ses responsabilités. Donc toute cette campagne vise à inciter la population et le monde entier à les secourir. Nous ne cherchons pas à dominer ni à détruire le secteur bancaire... Nous voulons tout simplement que les banques ne détournent plus les fonds public."
Avouons que c'est un projet qui tout comme l'anti-sionisme et l'anti-américanisme du Hezbollah ne peut être toléré. Ce mardi, le ministre libanais des Affaires étrangères, Nassif Hitti a convoqué l’ambassadeur d’Allemagne au Liban, George Berglin, pour lui exiger explication sur la décision qu’a prise Berlin de blacklister le Hezbollah. Peu de chance pour que le diplomate ait pu fournir une explication convaincante au ministère libanais, vu que l'Allemagne a cédé le premier rempart.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire