dimanche 3 mai 2020

"En 2004, une équipe de théo­ri­ciens suisses des systèmes, utili­sant une base de données de 37 millions d’en­tre­prises et d’in­ves­tis­seurs dans le monde, a étudié l’ac­tion­na­riat reliant plus de 43 000 socié­tés trans­na­tio­nales. Ils ont décou­vert qu’un noyau de 1 318 socié­tés, repré­sen­tant 20 % des reve­nus d’ex­ploi­ta­tion mondiaux, « semblait possé­der collec­ti­ve­ment, par leurs actions, la majo­rité des compa­gnies de premier ordre et des entre­prises manu­fac­tu­rières du monde — l’éco­no­mie dite « réelle » — repré­sen­tant 60 % supplé­men­taires des reve­nus mondiaux ». En étudiant plus minu­tieu­se­ment encore le réseau de propriété, l’équipe a décou­vert qu’une grande partie de celui-ci remon­tait à une « super-entité » de 147 entre­prises encore plus étroi­te­ment liées — toutes leurs proprié­tés étaient déte­nues par d’autres membres de la super-entité — qui contrô­laient 40 % de la richesse totale du réseau. Ainsi, moins de 1 % des entre­prises étaient capables de contrô­ler 40 % de l’en­semble du réseau. La plupart étaient des insti­tu­tions finan­cières. Parmi les 20 compa­gnies les plus impor­tantes, on trou­vait la Barclays Bank, JP Morgan Chase & Co et le groupe Gold­man Sachs[24]. Cette élite commer­ciale est inti­me­ment liée au Coun­cil of Foreign Rela­tions (CFR). Le CFR, fondé en 1921, est un think tank améri­cain spécia­lisé dans la poli­tique étran­gère et les affaires inter­na­tio­nales des États-Unis. Le CFR dirige le Programme d’Études Rocke­fel­ler (Rocke­fel­ler Studies Program) et réunit des respon­sables gouver­ne­men­taux, des diri­geants de multi­na­tio­nales et des membres éminents du secteur du rensei­gne­ment et de la poli­tique étran­gère, afin de discu­ter de sujets inter­na­tio­naux et de formu­ler des recom­man­da­tions à l’at­ten­tion de l’ad­mi­nis­tra­tion prési­den­tielle et de la commu­nauté diplo­ma­tique[25]. Certains critiques et analystes poli­tiques ont quali­fié le CFR de « gouver­ne­ment fantôme » (USAmé­ri­cain) tirant les ficelles en coulisses [Arund­hati Roy, par exemple, en parle dans son livre Capi­ta­lisme, une histoire de fantômes, dont nous avons publié un extrait ici, NdT]."

source : Le Partage, Publié le

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