"En 2004, une équipe de théoriciens suisses des systèmes, utilisant une base de données de 37 millions d’entreprises et d’investisseurs dans le monde, a étudié l’actionnariat reliant plus de 43 000 sociétés transnationales. Ils ont découvert qu’un noyau de 1 318 sociétés, représentant 20 % des revenus d’exploitation mondiaux, « semblait posséder collectivement, par leurs actions, la majorité des compagnies de premier ordre et des entreprises manufacturières du monde — l’économie dite « réelle » — représentant 60 % supplémentaires des revenus mondiaux ». En étudiant plus minutieusement encore le réseau de propriété, l’équipe a découvert qu’une grande partie de celui-ci remontait à une « super-entité » de 147 entreprises encore plus étroitement liées — toutes leurs propriétés étaient détenues par d’autres membres de la super-entité — qui contrôlaient 40 % de la richesse totale du réseau. Ainsi, moins de 1 % des entreprises étaient capables de contrôler 40 % de l’ensemble du réseau. La plupart étaient des institutions financières. Parmi les 20 compagnies les plus importantes, on trouvait la Barclays Bank, JP Morgan Chase & Co et le groupe Goldman Sachs[24]. Cette élite commerciale est intimement liée au Council of Foreign Relations (CFR). Le CFR, fondé en 1921, est un think tank américain spécialisé dans la politique étrangère et les affaires internationales des États-Unis. Le CFR dirige le Programme d’Études Rockefeller (Rockefeller Studies Program) et réunit des responsables gouvernementaux, des dirigeants de multinationales et des membres éminents du secteur du renseignement et de la politique étrangère, afin de discuter de sujets internationaux et de formuler des recommandations à l’attention de l’administration présidentielle et de la communauté diplomatique[25]. Certains critiques et analystes politiques ont qualifié le CFR de « gouvernement fantôme » (USAméricain) tirant les ficelles en coulisses [Arundhati Roy, par exemple, en parle dans son livre Capitalisme, une histoire de fantômes, dont nous avons publié un extrait ici, NdT]."
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