Img/Pierre Jovanovic/banque protégée par des barbelés
BEYROUTH Le hasard des dates a fait que je me suis retrouvé à Beyrouth le même jour que la conférence de Carlos Ghosn… Aussitôt terminée, tous les journalistes ont repris l’avion. Pourtant, il y avait un sujet autrement plus sérieux: par la volonté du gouverneur de la Banque Centrale, Mr Riad Salameh, et surtout de l’Association des banques, les Libanais pauvres ne peuvent plus retirer que 200 dollars par semaine de leur compte, et les Libanais riches un peu plus de 400 dollars.
La banque ne fait pas la différence si le client est célibataire ou bien s’il est marié avec 2 ou 3 enfants et que son épouse ne travaille pas. Ou qu’il doit payer son loyer en dollars.
En clair, le Liban a inauguré le premier grand bank-run du XXIe siècle, mais c’est à peine si cela intéresse la presse européenne! Le sujet a été abordé par-ci par-là, à dose microscopique et au bout d’une gaffe, expliquant que le pays traverse une crise financière et bancaire…
Pour ma part, c’est à peu près ce que j’avais en tête avec quelques vidéos de Libanais énervés dans leur agence. Mais j’étais à deux mille lieux d’imaginer ce que j’allais apprendre et voir une fois sur place.
Dans ce reportage (financé par vous mes très chers lectrices et lecteurs, je le précise) vous allez découvrir ce qui nous attend en France, vu qu’au final, la situation des banques libanaises n’est pas si éloignée que ça de celle des banques françaises.
Et c’est justement à cause de cela que ce reportage sur place est passionnant.
Pour votre information complémentaire, sachez que dès la mi-décembre, les Libanais les plus riches ont pris leur avion (privé) pour Londres, Paris, Madrid et Rome où ils ont massivement acheté… de l’or. J’en ai d’ailleurs eu la confirmation par mes contacts voici quelques jours à Paris.
A l’heure où vous lisez ces lignes, un drame monétaire se joue au Liban, et un plus grand encore se prépare: en effet, jamais je n’ai vu une Banque Centrale d’un pays normal, pas même à Chypre ou à Athènes, être entourée de fils barbelés et protégée (de la colère du peuple) par l’armée…
#Liban scène presque ordinaire devant une banque Crise de liquidités et dollars au compte gouttes. Il n’y a pas que la monnaie nationale qui plonge#colère
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