Face à l’épidémie, la Chine confine des villes entières, « pas de cas douteux en France » assure Agnès Buzyn
A LA UNE POLITIQUE INTERNATIONAL Publié le 23/01/2020 à 17h32. Mis à jour le 24/01/2020 par SudOuest.fr avec AFP.
Après deux jours de réunion, l’Organisation mondiale de la santé a reconnu « l’urgence en Chine » mais a jugé qu’il était « trop tôt » pour parler "d’urgence de santé publique de portée internationale
La Chine a confiné depuis jeudi quelque 20 millions d’habitants autour de Wuhan, la métropole d’où est parti un nouveau virus qui a commencé à se répandre dans le monde et mobilise les autorités sanitaires internationales. Plus aucun train ni avion ne doit en principe quitter Wuhan, 11 millions d’habitants, en plein centre de la Chine. Les péages aux sorties autoroutières de la ville sont fermés.
Cette métropole est au cœur de l’épidémie qui depuis décembre a contaminé plus de 830 personnes et fait 25 morts, selon un dernier bilan.
Éviter le risque de contamination
« Trop tôt » selon l’OMS pour parler « d’urgence de santé publique de portée internationale ».
Symbole de l’inquiétude qui s’est emparée de tout le pays, la Cité interdite de Pékin, ancien palais des empereurs, a annoncé sa fermeture jusqu’à nouvel ordre, pour éviter tout risque de contamination entre les visiteurs. A la veille du long congé du Nouvel an chinois, la capitale a déjà décrété l’annulation des festivités, qui drainent habituellement des centaines de milliers de badauds dans les parcs pour assister à la traditionnelle danse du lion et du dragon.
À Wuhan, « les habitants ne doivent pas quitter (la ville) sans raison spécifique », a annoncé le Quartier général chargé de la lutte contre l’épidémie au niveau municipal. Cette décision est prise afin « d’enrayer efficacement la propagation du virus », a-t-il expliqué, alors que le Nouvel an occasionne chaque année des centaines de millions de voyages.
La ville voisine de Huanggang à 70 km à l’est, qui compte 7,5 millions d’habitants, fait l’objet de mesures similaires. La circulation des trains devait y être interrompue jusqu’à nouvel ordre à compter de la fin de journée. Tout près, Ezhou (1,1 million d’habitants), a déjà fermé sa gare. A l’ouest, une autre localité, Xiantao, a fermé les accès à une grande voie de circulation, et au sud Chibi a suspendu tous ses transports publics. Ces deux communes rassemblent plus de 2 millions d’habitants.
Un calme surréaliste
Il était encore possible en début de journée de gagner Wuhan en train ou en avion, même si de nombreux vols étaient supprimés. Mais trains comme avions étaient presque vides. Dans le centre-ville, les transports publics étaient à l’arrêt.
La quasi-totalité des commerces, y compris cafés et restaurants, étaient fermés. Sous la pluie, la ville était plongée dans un calme surréaliste pour une métropole chinoise, habituellement débordante de vie à l’approche du Nouvel an. Les taxis ont multiplié leurs prix par trois. « Il est très dangereux de sortir en ce moment mais on a besoin d’argent », a expliqué un chauffeur.
La mairie a imposé le port du masque respiratoire, que la plupart des habitants avaient de toute façon commencé à mettre depuis le début de la semaine. Le branle-bas de combat a commencé lorsqu’un scientifique chinois a admis que la transmission du virus pouvait se faire d’humain à humain et pas seulement de l’animal à l’homme. Le président Xi Jinping a donné le signal de la mobilisation lundi en appelant à enrayer « résolument » l’épidémie, qui jusque-là ne faisait pas les grands titres des journaux.
« Pas de cas douteux en France »
Au terme d’une réunion de deux jours à son siège de Genève, l’Organisation mondiale de la santé a reconnu jeudi « l’urgence en Chine » mais a jugé qu’il était « trop tôt » pour parler « d’urgence de santé publique de portée internationale ». L’OMS n’a jusqu’ici utilisé le terme d’urgence internationale que pour de rares cas d’épidémies requérant une réaction mondiale vigoureuse, dont la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 et la fièvre Ebola, qui a ravagé une partie de l’Afrique de l’Ouest de 2014 à 2016 et la République démocratique du Congo depuis 2018.
L’OMS assure qu’il n’y a pour l’instant aucune preuve de transmission entre humains en dehors de la Chine et qu’elle semble y être « limitée à des groupes familiaux et à des travailleurs de la santé ». L’OMS ne recommande pas de restrictions de voyages mais d’établir des dépistages dans les aéroports. L’organisation demande aussi « à tous les pays » de mettre en place des mesures pour détecter les cas de coronavirus, contre lequel il n’existe pas actuellement de traitement ou de vaccin.
« Il n’y a pas de cas douteux en France », a de son côté déclaré la ministre de la Santé Agnès Buzyn à la presse. En cas de doute, la ministre a indiqué qu’il fallait absolument appeler le centre 15.
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