lundi 3 août 2015

Consommer russe, une idée qui fait son chemin à Moscou
mediaA Moscou, on trouve quasiment tout ce que l’on veut dans les grandes surfaces mais les produits viennent souvent de loin.DR
La majorité des produits alimentaires que l’on trouve dans la capitale russe est importée. Pourtant, l’idée de manger local fait son chemin.
De notre correspondant à Moscou,
A Moscou, on trouve quasiment tout ce que l’on veut dans les grandes surfaces mais les produits viennent souvent de loin – d’Israël, d’Argentine - les produits russes sont en effet peu nombreux. Il faut savoir que le secteur agricole s’est effondré à la chute de l’URSS, les grandes exploitations d’Etat ont été laissées à l’abandon. Le pays s’ouvrait, on a préféré alors se tourner des produits d’importation d’autant plus qu’ils revenaient moins chers. Il y a six ans, Boris Akimov et Alexandre Mikhaïlov, deux Moscovites de la classe dite « créative » - l’un est journaliste, l’autre travaille dans les nouvelles technologies - se sont posé la question : pourquoi est-il si difficile de manger russe ? Pourquoi ne pas se tourner vers des produits locaux ? A Moscou, on consomme de tout sans se soucier de la qualité ni de la provenance. Et en 2009, ils ont fondé Lavka Lavka, une sorte de coopérative agricole regroupant fermiers et agriculteurs indépendants. C’était donc bien avant l’embargo alimentaire décrété par les autorités russes.
Proposer une alimentation saine et locale aux Moscovites
Pour que cette initiative voie le jour, ils ont d’abord commencé par sillonner la région de Moscou à la recherche de producteurs - de volailles, de légumes, de produits laitiers. Ils leur ont soumis un certain nombre de critères de production : l’idée, c’est de proposer une alimentation saine et locale aux Moscovites. Au magasin, le client sait tout des pommes de terre qu’il a sous les yeux - d’où elles viennent, qui en est le producteur, etc. L’objectif est d’établir un lien de confiance et de fidélité entre le producteur et le consommateur. Comme le réseau mise sur la qualité, les fermes et les exploitations concernées sont situées non loin de la capitale, dans les régions de Tver, Vladimir, Toula. Question de logistique et de conservation des aliments.
Un projet en plein essor mais pas encore accessible à tous
En six ans, le réseau s’est développé : il a désormais cinq magasins à Moscou et travaille avec 150 producteurs indépendants. Lavka Lavka veut montrer qu’il est possible de consommer autrement et espère faire émerger une nouvelle génération de fermiers sensibles à l’écologie. En Russie, ça n’a jamais été une préoccupation majeure. Alors, si la nourriture saine et locale a ses adeptes parmi les Moscovites de la nouvelle classe moyenne, à l’image des deux fondateurs, il faut néanmoins nuancer. C’est une tendance qui ne touche qu’une catégorie de la population. Il n’y a qu’à voir où se situent les comptoirs de la marque, dans des quartiers huppés de Moscou. Car la qualité a un coût, les produits sont chers. La marque a aussi ouvert un restaurant gastronomique : la totalité des ingrédients indiqués sur la carte est originaire de Russie.
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