La mégère climatique
Nord de la France, région Picardie
11 heures, 20°C, 23°C à l'intérieur avec le chauffage à gaz d'appoint que je viens d'éteindre, ciel bleu pas beau avec de gros moutons blancs et un énorme voile de chemtrails, vent à éolienne, le soleil se donne à fond entre deux paquets de nuages. Ah le soleil semble disparaître et il réapparaît. Ah, oui, mon ordinateur qui m'a fait l'écran noir hier, je vous en ai causé, pourtant il est neuf, acheté l'année dernière. Donc, je disais le précédent m'a fait le même coup, l'écran est devenu noir une ou deux fois et un jour il l'est devenu définitivement. Mais, si celui-là rend l'âme, cela va m'obliger à en acheter encore un autre et en tout cela fera quatre portables en deux ans, je trouve que ça fait beaucoup. Mais passons, de toute façon, bientôt on ne pourra plus s'exprimer sur le net, donc, je laisserais tomber l'ordinateur. Le téléphone portable, je ne m'en sers plus, de toute façon, comme je dis, je vis une vie d'ermite sans contact avec l'extérieur à part avec mon fils, du coup le portable ne m'est d'aucune utilité. En plus je ne réponds plus au téléphone fixe tellement il y a de plateformes de publicité ou d'arnaques qui nous mettent en demeure de passer notre vie au téléphone. L'ordi, cela va me gêner d'arrêter parce que c'est tellement facile de passer le temps à regarder des trucs que j'oublie cinq minutes après. Bon, vous me direz, si je ne passe pas ma vie avec le téléphone portable que fais-je. Bof, pas grand chose d'intéressant, je coupe des arbres, je les débite en rondins, je fend les rondins en bûches et je range les bûches dans un hangar pour l'hiver, ça me prend du temps. D'ailleurs, je remarque que je fais plus attention à comment je coupe et qu'est-ce que je coupe. Ce qui fait que je me blesse moins souvent, je ne me ramasse plus des branches dans la tronche ou sur le torse parce que je coupe une branche qui en maintenait une autre sous tension et qui du coup se détend d'un seul coup "Boum" dans la tronche. Des fois, je me suis retrouvé avec la tête en sang, mais pas assez en sang pour que j'arrête de tronçonner. Tu t'arrêtes quand le sang te coule dans les yeux et t'empêche de voir. Une fois, c'est carrément un petit arbre lui aussi en tension qui m'a frappé, m'a jeté au sol, a rebondi et s'est précipité sur moi à terre, là, je me suis dit "t'es mort" et à dix cm de mon torse il a été bloqué par le tronc que je venais de couper, je me suis dit "il y a un bon dieu, même pour les imbéciles comme toi". Je me traite d'imbécile parce que lorsqu'on coupe des arbres, il faut faire extrêmement attention, attention à l'environnement du tronc, par exemple, moi je nettoie tout autour, si il y a des ronces, des genres de lianes, je coupe tout pour ne pas me prendre les pieds dedans et chuter alors que l'arbre tombe là où il n'est pas prévu qu'il tombe. En tout cas, cette fois-là quand le tronc m'a percuté le torse et m'a balancé à terre, j'ai mis du temps à récupérer. J'ai quand même pris la précaution de m'extraire de dessous le tronc qui m'aurait écrasé parce que le charme était un petit arbre, mais c'est du bois lourd et dense. En plus, j'aurais eu le temps de pourrir bouffer par les sangliers, les renards et même les hérissons qui sont carnivores avant que quelqu'un me trouve. En tout cas, j'ai deux chênes à couper, à débiter et à fendre, plus le mur à réparer. En attendant, j'espère que vous remarquez la façon subtile dont je me mets en valeur, eh, oui, j'attends toujours l'informaticienne qui viendra me donner des cours, il faut bien que je fasse ma pub. Je sais, je romprais mon voeu de solitude, d'ermitage, mais je n'ai rien promis, ni au ciel, ni aux feuilles des arbres. Et sur ce, je vous souhaite bien le bonjour chez vous. Ah oui pour ceux qui ne connaissent pas la formule "Bien le bonjour chez vous", c'est ce que dis le héros d'une ancienne série anglaise célèbre à son heure "Le prisonnier" (the prisoner) avec patrick mcgoohan, 1967.
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