(Un chef djihadiste est peul, grand massacreur devant l'éternel, je ne sais pas si il a été tué ou pas. Je ne pose pas de jugement, ça massacre beaucoup en Afrique en ce moment. A croire que quand l'occident tousse, l'Afrique souffre. note de rené)
Au Burkina Faso, des civils massacrés en guise de butin de guerre
Au Burkina Faso, des civils massacrés en guise de butin de guerre
Afrique XXI, 28.03.25
Les 10 et 11 mars, des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP, supplétifs civils de l’armée) ont filmé des scènes d’exactions contre des villageois peuls dans les environs de Solenzo, dans la région de la Boucle du Mouhoun, dans le nord-ouest du Burkina Faso. Pas vraiment une première, hélas ! Si les militaires burkinabè, un temps coutumiers de cette pratique, ont respecté l’interdiction d’utiliser leur téléphone en opération édictée en avril 2023 par l’état-major, les VDP, peut-être gargarisés par le sentiment de se comporter en « bons patriotes », ne peuvent s’empêcher de filmer leurs « faits d’armes ».
La singularité, cette fois, tient au nombre de vidéos qui ont circulé, à l’envergure du massacre qu’elles suggèrent et au ciblage clair des Peuls en tant que « complices » des insurgés djihadistes. Human Rights Watch a examiné onze de ces vidéos et a « dénombré 58 personnes qui semblent mortes ou mourantes dans les vidéos, une estimation prudente car certains corps ont été empilés sur d’autres ». On voit sur ces images des miliciens armés de fusils et d’armes blanches charger des corps d’hommes et de femmes sur un triporteur, sur fond de brouhaha festif, d’autres enjambant des cadavres, une jeune femme grièvement blessée harcelée de questions sur ses « chefs » djihadistes et menacée d’être achevée sous les yeux de son enfant d’à peine 2 ans, et encore des VDP se félicitant de leur « bon travail », face caméra, alors que sont convoyés en arrière-plan des centaines de bœufs.
Sur ces vidéos, scrutées avec un mélange d’horreur et de crainte, les proches de centaines de disparus tentent de reconnaître un parent, un voisin, un ami, ou des troupeaux razziés par l’armée et les VDP. Car ces derniers étaient encadrés par quatre bataillons d’intervention rapide (BIR), une unité apparue en novembre 2022, un mois et demi après l’arrivée au pouvoir d’Ibrahim Traoré. Les 28 BIR créés depuis lors, d’environ 200 hommes chacun, opèrent avec les miliciens et ont pour mission d’« intervenir le plus vite possible et le plus en avant en privilégiant la mobilité et la puissance de feu face à toute menace ». Mais les BIR excellent aussi dans les tueries de civils. Leur mode opératoire est toujours le même : rassemblement des villageois, fusillade, incendie des maisons, pillage des biens et des animaux, traque des fugitifs. Fillettes, nourrissons, femmes, vieillards : personne n’est épargné. Tués parce que complices présumés des groupes armés qui sévissent dans la région. Ce ciblage des civils plutôt que des combattants semble délibéré. Il interroge sur les buts de guerre du régime... Lire la suite
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire