mardi 27 février 2024

 (Entre l'Azerbaïdjan qui commande des avions et les arméniens qui commandent des fusils, on voit lequel a le plus d'argent. Ah, oui, c'est les fameux fusils promis à l'Ukraine et jamais arrivés. Ils font comment les arméniens, c'est crédit comme les ukrainiens ou ils paient cash ? note de rené)


L’Arménie commande des fusils de précision auprès du français PGM

En octobre 2020, l’Azerbaïdjan lança une offensive pour prendre le contrôle du glacis de sécurité que les forces arméniennes avaient établi autour du Haut-Karabakh, un territoire peuplé majoritairement d’Arméniens mais revendiqué par Bakou. Un accord de cessez-le-feu fut signé après plusieurs semaines de combats, sous l’égide de la Russie, laquelle déploya par la suite 2000 soldats au niveau de la ligne de contact afin d’éviter une reprise des hostilités.

Seulement, trois ans plus tard, à l’issue d’un blocus de plusieurs mois, les forces azerbaïdjanaises se lancèrent de nouveau à l’assaut du Haut-Karabakh, sous couvert d’une opération de contre-terrorisme. Et, désormais, ce territoire est sous leur contrôle. De son côté, Erevan ne put que déplorer la passivité de Moscou dans cette affaire… D’où sa décision de revoir ses alliances militaires… et donc de prendre ses distances avec la Russie.

Ainsi, lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, la semaine passée, le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a déclaré que son pays ne soutenait pas l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Puis, ce 23 février, il est allé encore plus loin en annonçant le gel de la participation de l’Arménie à l’Organisation du traité de sécurité collective [OTSC], alors qu’elle en est l’un des membres fondateurs, avec la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan.

« Le traité de sécurité collective n’a pas atteint ses objectifs en ce qui concerne l’Arménie, en particulier en 2021 et 2022. Nous ne pouvions pas laisser cela se produire sans réagir », a en effet déclaré M. Pachinian, lors d’un entretien accordé à France24. « En pratique, nous avons gelé notre participation à ce traité. Pour ce qui est de la suite, nous verrons bien », a-t-il ajouté. Reste à voir le sort qui sera réservé à la 102e base militaire russe, établie à Gyumri [nord-ouest de l’Arménie]…

Cette prise de distance avec la Russie coïncide avec un rapprochement avec la France [ce qui lui vaut, au passage, d’être vouée aux gémonies par l’Azerbaïdjan]. En octobre dernier, Paris et Erevan ont posé les bases d’une coopération militaire. Ce qui s’est traduit par une commande de trois radars GM200 auprès de Thales. Une lettre d’intention portant sur la livraison de missiles sol-air MISTRAL 3 a été également signée. En outre, il est question de favoriser « l’intimité stratégique » entre les forces françaises et arméniennes, via des formations et des conseils dans des domaines précis, comme la défense aérienne et le combat en montagne.

Depuis, la France a livré des blindés de la gamme « Bastion » [produits par Arquus, ndlr] à l’Arménie… Et M. Lecornu s’est rendu à Erevan pour conforter cette coopération militaire.

« L’Arménie est face à une pression continue y compris sur sa frontière avec une forme de grignotage de son territoire. Elle est dans une logique de défense de son territoire et de sa population et la coopération de défense avec la France se place strictement dans cet objectif de l’aider dans une logique défensive », avait expliqué le ministère des Armées, quelques heures avant le déplacement – inédit – de M. Lecornu à Erevan.

Recevant son homologue français, le ministre arménien de la Défense, Souren Papikian, a souligné l’importance qu’accorde l’Arménie à la modernisation de son armée. « Nous allons utiliser nos propres moyens et l’aide des États partenaires. Il s’agit de pouvoir utiliser tous les outils de la paix pour défendre nos frontières », a-t-il dit.

Dans un rapport publié en novembre, les sénateurs Hugues Saury et Hélène Conway-Mouret avaient plaidé pour la livraison de CAESAr [Camions équipés d’un système d’artillerie] à l’Arménie dans « les meilleurs délais »… alors que celle-ci venait de commander des obusiers automoteurs à roues MArG 155 de 155 mm auprès du groupe indien Bharat Forge Kalyani Group.

En attendant, aucune annonce allant dans ce sens n’a pour le moment été faite à l’occasion de la venue de M. Lecornu à Erevan. En revanche, le ministère arménien de la Défense a signé un contrat pour l’acquisition d’un nombre indéterminé de fusils de précision auprès de l’armurier français PGM Précision. Le type des armes commandées n’a pas non plus été précisé, sachant que cinq modèles sont proposés dans le catalogue de l’industriel, à savoir l’Ultima Ratio, l’Hécate 2, le PGM 338, le Mini Hécate 2 et la carabine Ludis Custom.

Par ailleurs, il a été confirmé que cinq élèves officiers arméniens seront formés au sein de l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan. Cet effort en matière de formation pourrait être étendu aux sous-officiers.

L’Arménie « se tourne vers les partenaires qui sont vraiment pourvoyeurs de sécurité », a souligné M. Lecornu, après avoir également confirmé l’envoi d’un spécialiste de la défense sol-air auprès de l’armée arménienne afin d’aider Erevan à se protéger « d’éventuelles frappes de potentiels agresseurs » contre les civils.

« Personne ne peut critiquer l’Arménie pour le développement des capacités de son armée. Les missiles à courte, moyenne et longue portée feront également partie du développement des capacités de défense si l’Arménie en a besoin », a fait valoir le ministre français.

Photo : Ministère des Armées

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