samedi 21 mars 2020

Extrait du blog de Jacques Raybaud, immunologue français.

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L’inactivation des virus par la chaleur
La résistance thermique du coronavirus a été beaucoup testée (15, 16, 17, 18, 20) in vitro, sur des supports neutres. Les résultats sont variables : plus on élève la température, plus on a de chance de le détruire vite. En revanche, il faut une durée plus longue à des températures plus basses. Certains avancent, par exemple à 56° en 60 minutes une réduction par dix millions de particules. Pour certains, l’inactivation virale serait obtenue à 71° en 6 minutes, d’autres à 60° en 30 minutes, et encore 15 minutes à 65° (18).
En étudiant des virus similaires en résistance thermique comme le Norovirus (14,19) dans des huitres le virus n’est plus détecté en 1 minute à 67°.  Une autre étude avec des moules contaminées, soumises à une température allant de 50° et 72°, montre que la constante D, durée au bout de laquelle 90 % des virus ont été inactivés, serait de 5 à 20 minutes.
L’inhalation d’air chaud humide à des températures supérieures ou égales à 56° : proposition d’un protocole simple et proposition d’un protocole en réanimation.
L’idée n’est pas nouvelle : au moins quatre études (6, 7, 8, 9) ont été retrouvées dans la littérature scientifique sur la base de données de référence Medline du NIH américain. Toutes ont conclu à une totale inefficacité de l’inhalation.
Cependant, plusieurs remarques sont à faire. Ces expériences ont toutes été menées entre 42° et 44° avec un appareillage dont le masque, possédant des trous, ne garantissait pas du tout cette température. De plus, elles n’ont pas été étudiées en faisant varier le délai pour appliquer la première inhalation, ni le rythme. À 42°, aucun virus n’est inactivé en moyenne.
La logique scientifique nous pousse à proposer un protocole qui réduirait, faute de la détruire à 100%, la charge virale de toutes les particules virales déposées surtout dans la sphère ORL car venant d’un aérosol de 5 microns par l’expiration d’un contaminé (24). Le corps a une thermorégulation vers 37° qui refroidit l’air chaud inhalé. Cependant la chaleur inspirée amène une température au-dessus de 56-60° dans le nez, la gorge, la trachée et les grandes bronches. Si on alterne les inspirations, une fois par le nez puis une fois par la bouche, on est assuré d’exposer les muqueuses de la sphère ORL et du tractus trachéo-bronchique, à cette chaleur. Certaines particules plus petites mais plus rares iront quand même dans les alvéoles. La propagation d’un virus respiratoire se fait de haut en bas, le long de l’arbre respiratoire, ce qui est logique.
Se pose le problème de la tolérance à l’inhalation : il faut trouver le meilleur compromis entre l’intérêt d’une température la plus haute possible et sa tolérance. Dans les hammams, on supporte sans problème 50°. Il en va de même pour le sauna qui peut monter à 85°. En revanche, dans l’inhalateur, il est difficile d’inspirer sans se brûler un peu l’extrémité du nez vers les 75°. Après de nombreux essais avec une sonde thermique, des délais plus ou moins longs et des inhalateurs classiques en plastique avec 500cc d’eau (donc grand inhalateur), il semble que ce protocole soit intéressant et réalisable par tous, pour réduire les virus captés, exceptés les petits enfants. La méthode a le mérite d’être facile à mettre en œuvre, d’avoir une totale innocuité et de ne rien coûter à part le chauffage de l’eau. (Attention : il faut éviter les inhalateurs électriques qui ne dépassent pas 45°).
Il faut, en revanche, abandonner l’idée de l’eau dans un bol avec une serviette pour assurer l’étanchéité thermique. La température descend trop vite, en moins d’une minute sous les 55°, donc pas efficace.
Le protocole
- Boucher avec du simple scotch les trous de l’inhalateur en plastique.
- Mettre de l’eau bouillante dans un inhalateur de 500cc.
- Attendre 1 minute 30 secondes, l’inhalateur tel quel avec son couvercle, mais embouchure ouverte.
-Puis, le principe va être d’inspirer de la façon la plus lente possible, pour que la chaleur soit le plus longtemps appliquée sur les muqueuses, et d’expirer l’air à l’extérieur de l’inhalateur le plus fort et le plus vite possible et se remettre au plus vite sur l’inhalateur. C’est encore difficile de 1mn30s à 2mn30s, dans ce cas on inspire plus court en fonction de la sensation de brûlure au bout du nez. Très vite on arrive à prolonger le plus longtemps possible l’inspiration lente et profonde. Si l’inspiration est trop difficile, il faut juste s’appuyer un peu moins fort sur l’inhalateur.
-Il faut aussi alterner une inspiration par le nez et, après l’expiration très rapide suivante, inspirer de manière lente par la bouche, cela durant 6mn, le temps total à partir du début étant de 7mn30s.
La sphère ORL et le tractus trachéo-bronchique auront été ainsi exposés 6 minutes à au moins 60° pour réduire la charge virale, ou même la détruire, si elle est faite très vite par rapport à une notion de contact.
Recommandations
L’inhalation est à éviter pour les enfants de moins de 8 ans, car ils risquent de renverser l’inhalateur contenant l’eau bouillante. Les parents devront, dans tous les cas, surveiller de près les enfants, et tenir l’inhalateur par précaution. Pour les plus petits de moins de 5 ans, c’est contre-indiqué. La muqueuse des enfants est plus sensible à la chaleur. Pour les enfants de 5 ans et plus, le délai d’attente avant de commencer devrait être de 2 minutes 30 secondes et la durée totale de 5 minutes. La méthode est contre-indiquée pour les personnes sujettes aux saignements de nez et sous anticoagulant. Il conviendrait d’avoir sur ce point l’avis de son médecin.
Sinon, le protocole est dénué de risque. Inutile de rajouter quoique ce soit dedans en plus de l’eau : c’est sur la chaleur que l’on compte. Pour les asthmatiques, il serait souhaitable, en cas de gêne respiratoire, d’inhaler un broncho-dilatateur 15 minutes avant avec l’avis de son médecin. On peut avoir une légère congestion nasale après une telle inhalation et, parfois, un peu mal à la gorge mais cela ne dure pas et ne prête à aucune conséquence.
L’application
Ce principe n’a pas été validé ni étudié de façon randomisée à cette température, mais il est logique, car sous-tendu par des faits scientifiques incontestables. Le procédé est anodin. Devant l’urgence sanitaire, il ne parait pas raisonnable d’attendre la publication de cette analyse dans un journal scientifique. Pour deux raisons. D’une part, le délai de publication, si l’article est validé par le comité de lecture, serait trop long et d’autre part, et c’est normal, priorité est donnée aux chercheurs ou à des chefs de service.  Ceci explique l’intervention dans un grand média, au préalable, Médiapart du 2 mars 2020.
Il serait souhaitable que la communauté scientifique reprenne les études sur l’inhalation préventive et curative, à ces températures, évalue le meilleur choix durée-température-fréquence et observe en milieu confiné, l’efficacité pour enrayer l’épidémie. Il est logique de penser que deux inhalations pratiquées en simultané par tout le monde, en plus de toutes les autres mesures, contribueraient à enrayer de façon considérable cette pandémie, pendant 3 semaines d’affilée. Il va de soi que cette application peut se généraliser à tous les syndromes grippaux. Dès qu’un membre de la famille est atteint, ou que l’on a été en contact avec une personne qui a soit de la fièvre, soit de la toux, soit le nez bouché ou qui coule, qui éternue, qui se plaint de la gorge, il faudrait que tous les sujets en contact non malades fassent une inhalation dans les 8 heures maximum et une fois par jour au moins tant que la personne est malade.
Ce n’est pas le propos ici de concevoir un appareillage plus optimal, un certain nombre de points seraient discutables et améliorables pour autant.
Protocole proposé en réanimation pour le syndrome respiratoire aigu sévère
Ce protocole devrait être testé sur une petite cohorte en premier lieu.  Il s’agit de ventiler à l’air chaud vers 60 degrés en 3 à 5 périodes de 6mn au moins avec réfrigération du reste du corps pour contrôler l’homéostasie thermique. Et pour ceux qui sont sous CEC circulation extracorporelle, chauffer le sang à 56-60 degrés pour diminuer la virémie et donc la charge virale.  Le chauffage des culots de sang, lors de l’affaire du sang contaminé, avait révélé que le chauffage à 56 degrés 8mn réduisait quasi complètement la virémie du VIH, même si maintenant nous avons une autre méthode plus efficiente.
Aucune mesure n’est à négliger.
Enfin un dernier point concernant tous les soignants hyper exposés : une étude (23) de Wang du China-Japan Friendship Hospital, Beijing en 2004 a montré que, lors de l’épidémie de coronavirus, sur 1127 soignants prélevés 2,57 % avaient des anticorps, mais personne n’a développé la maladie, avec le protocole de protections masques FFP3 mis bien avant de voir le patient et le lavage des mains.  Ce qui est rassurant.   Il va donc de soi, que si tout le monde portait un tel masque l’épidémie serait enrayée à coup sûr, sans ralentir l’économie.
Je souhaite :
- adresser un hommage à mon confrère le Dr Li Wenliang de Wuhan qui avait lancé l’alerte et qui est décédé à 34 ans par ce virus ;
saluer l’ensemble de mes confrères, les chercheurs qui s’activent de manière intense, les autorités qui doivent ajuster au mieux leurs décisions, ainsi que les autorités chinoises et japonaises. Sans les mesures drastiques de ces dernières, l’épidémie aurait été encore plus extensive et fulgurante. Bon nombre de médicaments sont testés en ce moment. La proposition des Pr Colson et Raoult de Marseille d’utiliser la Nivaquine est vraiment intéressante, d’autant qu’une étude récente chinoise (Guangdong, 20 février 2020) a confirmé une certaine efficacité un traitement avec deux fois 500 milligrammes de Nivaquine par jour pendant 10 jours (La prophylaxie pour le paludisme est de 100 milligrammes par jour). À noter, là aussi, que les stocks sont bloqués.
Enfin, tout en étant très vigilant, pour finir sur une note optimiste, il faut surtout retenir qu’environ 99 % des cas s’en sortent. Mais les plus de 60 ans et les personnes fragiles doivent se voir appliquer avec encore plus de vigilance, ces mesures de précaution.
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