samedi 29 août 2026

 

Le Zimbabwe est sur la voie d’un redressement économique rapide, selon Citigroup

Le Zimbabwe est sur la voie d’un redressement économique rapide, selon Citigroup
  • Date de création: 27 août 2026 06:50

(Agence Ecofin) - Le redressement de l’économie du Zimbabwe est porté essentiellement par l’essor du secteur minier, la stabilité de la nouvelle monnaie adossée à l’or introduite en 2024, la restauration des équilibres budgétaires et la mise en œuvre de plusieurs réformes sous la supervision du FMI.

Le Zimbabwe s’est engagé sur la voie d’un redressement économique rapide, après une longue crise économique consécutive à la réforme agraire lancée dans les années 2000 par l’ex-président Robert Mugabe, a estimé la banque d’investissement américaine Citigroup le mardi 25 août.

Le pays d’Afrique australe, qui a connu une hyperinflation astronomique et des effondrements monétaires ayant contraint les autorités à actionner la planche à billets de manière effrénée, « rompt avec son passé à mesure que le redressement économique s’installe », a indiqué David Cowan, économiste en chef pour l’Afrique de Citigroup dans une note adressée aux clients du groupe.

M. Cowan a cependant fait remarquer que la réputation d’État « paria » mis au ban de la communauté des investisseurs que traîne encore le Zimbabwe « risque d’empêcher les investisseurs de prendre conscience de la transformation en cours», sous l’égide du Fonds monétaire international (FMI).

« Là où les perceptions et la réalité risquent désormais de s’écarter de plus en plus, c’est au niveau de la rapidité avec laquelle un redressement économique a commencé à se mettre en place au Zimbabwe depuis 2025 », a-t-il souligné.

D’après les projections de Citigroup, l’inflation annuelle, qui s’est élevée à environ 736 % en 2024, devrait chuter à 8 % cette année, tandis que le déficit budgétaire, qui représentait 6,7 % du PIB en 2023, devrait revenir à l’équilibre cette année.

L'inflation s'est établie en moyenne à 4 % depuis le début de l'année et a ralenti à 2,9 % en août, son plus bas niveau à un chiffre depuis 1980.

Le redressement de l’économie zimbabwéenne a été favorisé essentiellement par la hausse des cours de l'or dont le pays est un important producteur, l’augmentation de la production de lithium, l'introduction d’une monnaie adossée à l'or depuis 2024, la fin de la création monétaire pour financer le budget de l’État, ainsi que par l’impact d’un programme de suivi par les services du FMI (Staff-Monitored Programme, SMP) d'une durée de dix mois. 

Des avancées sur le chemin de la restructuration de la dette

Non assorti d’un financement, ce programme permet au FMI d'évaluer la capacité d'un pays à appliquer un programme de réformes économiques. Pour Harare, il s'agit d'une étape indispensable avant toute négociation sur le règlement de ses arriérés extérieurs et la restructuration de sa dette. Lors de la première revue de ce programme, l’institution financière internationale a fait savoir en juillet dernier que « tous les objectifs quantitatifs ont été atteints, notamment ceux relatifs au solde budgétaire primaire, aux réserves internationales officielles nettes, aux crédits de la Banque centrale au secteur public non financier, aux nouveaux emprunts extérieurs non concessionnels et à la croissance de la base monétaire de la monnaie adossée à l’or, Zimbabwe Gold (Zig) ».

Début août, le gouvernement zimbabwéen a annoncé que la France et le Royaume-Uni avaient accepté de co-présider le nouveau Groupe consultatif sur la dette (Debt Consultative Group-DCG) pour aider le pays à restructurer sa dette extérieure de 21,3 milliards de dollars et à apurer ses arriérés.

Le Zimbabwe a traversé une grave crise économique consécutive à la réforme agraire lancée dans les années 2000 par l’ex-président Robert Mugabe. Cette réforme, qui a entraîné l’expulsion de quelque 4 500 grands propriétaires blancs de leurs terres au profit de fermiers noirs, a provoqué un effondrement brutal de la production agricole et du commerce. Harare avait alors interrompu le remboursement de ses emprunts contractés auprès de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement (BAD), de la Banque européenne d’investissement (BEI) et des pays membres du Club de Paris.

L’expropriation des fermiers blancs avait aussi découragé les investissements étrangers et fait chuter drastiquement les exportations, ce qui a incité Mugabe à recourir à la création monétaire, puis à abandonner en 2009 la monnaie nationale, le dollar zimbabwéen, au profit du dollar américain.

Walid Kéfi

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