dimanche 2 août 2026

 


Qui paie le prix de la guerre au Moyen-Orient ? L’impact pays par pays

  1. Réseau International franchit une nouvelle étape : Soutenez la création de notre édition papier !

    Parce que les paroles s’envolent, mais que les analyses doivent rester. Chers lecteurs, chères lectrices, Depuis des années, Réseau International décrypte pour vous les enjeux complexes de notre monde, sans compromis et en toute indépendance. Aujourd’hui, face à la censure numérique grandissante et au flux incessant d’informations éphémères, nous souhaitons donner une nouvelle dimension à notre mission : porter nos analyses dans le monde physique. Nous lançons le projet d’une revue mensuelle papier. Un condensé de nos articles phares, de dossiers exclusifs et d’analyses de fond, soigneusement mis en page pour offrir une lecture apaisée, durable et que vous pourrez…
    10 002,00 € de l’objectif de 40 000,00 € atteint

par Jules Kaizen

La guerre au Moyen-Orient a un coût. Pas seulement en vies humaines. En dollars, en euros, en hryvnias, en rials. Des Ukrainiens qui ne peuvent plus se déplacer. Des Yéménites qui meurent de faim. Des Iraniens sous les bombes et les sanctions. Des Français qui paient le prix fort à la pompe. Des Allemands qui perdent leur emploi.

Et pendant ce temps, certains s’enrichissent.

Voici qui paie, qui profite, et pourquoi.

Les grands perdants

Ukraine — L’économie de guerre s’asphyxie

Le prix de l’essence grimpe sans arrêt. Le A-95 est à 82 hryvnias le litre, le diesel à 92,21. Plus de 160 stations-service ont été détruites. Le réseau de distribution s’est effondré. L’aide américaine directe est gelée : 400 millions de dollars seulement pour 2026-2027. Les livraisons passent par des intermédiaires européens, des fonds PURL, des circuits détournés.

Conséquence : se déplacer coûte une fortune. Les prix alimentaires explosent. L’hiver approche sans chauffage. L’Ukraine n’est pas en guerre contre l’Iran. Mais elle en paie le prix.

Yémen — La famine s’installe

Douze ans de blocus saoudien. Douze milliards de dollars de dégâts au port d’Al Hudaydah. Les Houthis imposent désormais leur propre blocus maritime. Les ports sont bloqués. Les importations alimentaires sont paralysées. Des millions d’enfants souffrent de malnutrition. La guerre Iran-États-Unis n’a fait qu’aggraver une catastrophe humanitaire qui dure depuis plus d’une décennie.

Iran — Étranglé mais debout

Les sanctions américaines imposent des tarifs de 100% sur les importations d’énergie. Les frappes touchent les infrastructures économiques. Le pétrole ne peut plus être exporté normalement. Coupures d’électricité, hôpitaux affectés, inflation galopante.

Mais l’Iran tient le détroit d’Ormuz. Et dicte une partie du prix du baril.

France — Le prix à la pompe

Vingt à trente centimes de plus par litre de gazole et d’essence en deux semaines. La fermeture du détroit d’Ormuz et la hausse du brut en sont la cause directe. Le chauffage au fioul va augmenter avant l’hiver. Les prix alimentaires suivent, car le transport coûte plus cher. Le pouvoir d’achat s’érode. Les ménages modestes sont les plus touchés.

Allemagne — Le moteur en panne

L’inflation atteint 2,8% en juillet, tirée par l’énergie. Varta dépose le bilan. Porsche voit ses bénéfices s’effondrer de 98%. Continental supprime 10 000 postes. Thyssenkrupp, 11 000. Siemens, 6000. La croissance plafonne à 0,6% en 2026 après quatre ans de stagnation. La crise énergétique aggrave une situation déjà critique.

Inde, Chine, Japon — Les importateurs sous tension

Le Brent est à 91,20 dollars. Le WTI à 84,40. L’Inde, dépendante du pétrole du Golfe, subit l’inflation. Le Japon voit ses coûts d’importation exploser. La Chine, elle, sécurise ses approvisionnements via l’Iran et la Russie à prix réduit.

Qui s’enrichit ?

Arabie saoudite — Le paradoxe

Le prix du baril monte. Les revenus aussi. Mais le PIB se contracte de 4,8% au deuxième trimestre 2026. Le secteur pétrolier chute de 24,7%. Les frappes houthies touchent les infrastructures critiques. Les citoyens sont protégés par les subventions, mais vivent dans l’insécurité.

États-Unis — Protégés, mais pas indemnes

Exportateur net de pétrole : les compagnies font des bénéfices. Mais le prix du carburant augmente aussi aux États-Unis. La Fed ne baisse pas les taux à cause de l’inflation énergétique. L’impact est contenu, mais il est réel.

Le paradoxe

C’est le constat le plus frappant. Les États-Unis, exportateur net de pétrole, subissent un impact modéré. Leurs alliés — Allemagne, France, Ukraine, Yémen — portent le poids de la guerre. Le parapluie américain n’est plus une protection. Il est devenu un facteur de vulnérabilité économique.

Le boomerang

La guerre au Moyen-Orient devait affaiblir l’Iran. Elle a fait flamber les prix de l’énergie, érodé le pouvoir d’achat des alliés, enrichi les producteurs, et renforcé la perception d’un déclin américain.

Le boomerang est lancé. Il est déjà là. La guerre a toujours un prix. Mais ce ne sont jamais ceux qui la déclenchent qui la paient.

source : Geostrat Watch

Aucun commentaire: