Les géants de l’énergie affichent leur plus forte hausse de bénéfices depuis 2022 grâce aux tensions au détroit d’Ormuz
Le bénéfice cumulé des grandes entreprises énergétiques mondiales au premier trimestre a augmenté de 13,2 % par rapport à l'année précédente
Duygu Alhan
05 Juin 2026
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Mise à jour: 05 Juin 2026
Türkiye, Ankara
Les principales compagnies énergétiques mondiales ont enregistré au premier trimestre 2026 leur première hausse annuelle à deux chiffres des bénéfices depuis 2022, alors que les tensions croissantes autour du détroit d’Ormuz ont alimenté les craintes de perturbations de l’approvisionnement et soutenu les prix du pétrole.
Les plus grands groupes énergétiques mondiaux, dont Saudi Aramco, ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips, Shell, bp, TotalEnergies, Eni, Equinor et CNOOC, ainsi que les sociétés de services pétroliers Halliburton, SLB et Baker Hughes, ont dégagé un bénéfice combiné d’environ 71,2 milliards de dollars au premier trimestre 2026.
À titre de comparaison, leurs bénéfices combinés avaient atteint 98,3 milliards de dollars au premier trimestre 2022, lorsque l’invasion de l’Ukraine par la Russie avait déclenché une crise énergétique mondiale et provoqué une flambée des prix du pétrole. Les bénéfices avaient ensuite reculé à 88,3 milliards de dollars en 2023, 71,7 milliards en 2024 et 62,9 milliards en 2025.
Le rebond observé au premier trimestre 2026 est attribué à la montée des risques géopolitiques autour du détroit d’Ormuz et aux inquiétudes concernant d’éventuelles perturbations de l’offre, qui ont soutenu les cours du brut. Les bénéfices combinés ont ainsi progressé de plus de 13 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Malgré cette reprise, les bénéfices demeurent inférieurs d’environ 27 milliards de dollars aux niveaux atteints en 2022, lorsque le Brent s’échangeait en moyenne à plus de 100 dollars le baril au plus fort de la crise énergétique.
Selon les données de l’US Energy Information Administration (EIA), le Brent a affiché un prix moyen de 100,3 dollars le baril au premier trimestre 2022. Ce prix est ensuite retombé à 81,2 dollars en 2023, 83 dollars en 2024 et 75,8 dollars en 2025, à mesure que les inquiétudes sur l’offre s’atténuaient et que les perspectives de ralentissement de la demande mondiale pesaient sur le marché.
Cette année, les tensions géopolitiques renouvelées autour du détroit d’Détroit d'Ormuz ont porté le prix moyen du Brent à 80,2 dollars le baril au premier trimestre, son niveau le plus élevé depuis deux ans, bien qu’il reste inférieur aux sommets de 2022.
Aramco conserve largement sa position dominante
Saudi Aramco est restée de loin l’entreprise énergétique la plus rentable au monde.
Son bénéfice du premier trimestre a bondi de plus de 26 % sur un an pour atteindre 33,6 milliards de dollars en 2026, contre 26,6 milliards un an plus tôt. Ce résultat demeure toutefois inférieur aux 39,5 milliards de dollars enregistrés au premier trimestre 2022.
Parmi les majors américaines, ExxonMobil a annoncé un bénéfice de 4,2 milliards de dollars, en baisse de plus de 45 % sur un an et nettement inférieur aux 8,8 milliards de dollars enregistrés en 2022.
Le bénéfice de Chevron a reculé de 26,3 % à 2,8 milliards de dollars, contre 3,8 milliards un an auparavant et 6,5 milliards en 2022.
ConocoPhillips a dégagé un bénéfice de 2,3 milliards de dollars, en baisse d’environ 14 % sur un an et près de moitié moins que les 4,3 milliards de dollars du premier trimestre 2022.
À l’inverse, le groupe chinois CNOOC a largement maintenu sa rentabilité. Son bénéfice du premier trimestre a atteint environ 5,8 milliards de dollars en 2026, contre 5,5 milliards un an plus tôt, dépassant également les niveaux enregistrés en 2022 et 2023.
Les groupes européens en phase de redressement
Plusieurs compagnies européennes ont également fait état d’une amélioration de leurs résultats après plusieurs années de recul.
TotalEnergies a vu son bénéfice progresser de 29 % sur un an à 5,4 milliards de dollars, contre 4,2 milliards en 2025, tout en restant inférieur à son pic de 9 milliards de dollars atteint en 2022.
Shell a enregistré un bénéfice de 6,9 milliards de dollars, en hausse de 23 % sur un an, tandis que BP a plus que doublé son résultat à 3,2 milliards de dollars contre 1,4 milliard un an auparavant.
Equinor a porté son bénéfice à 3,7 milliards de dollars, soit plus du double du niveau enregistré un an plus tôt, alors qu’Eni a affiché un bénéfice de 1,5 milliard de dollars, globalement stable par rapport à 2025.
Résultats contrastés pour les sociétés de services pétroliers
Les performances des entreprises de services pétroliers ont été plus contrastées.
Halliburton a annoncé un bénéfice trimestriel de 461 millions de dollars, en baisse d’environ 11 % sur un an.
Les bénéfices de SLB ont reculé d’environ 21,5 % à 783 millions de dollars.
Baker Hughes a été la seule grande société du secteur à afficher une progression de ses résultats, avec un bénéfice de 573 millions de dollars, en hausse de 12,6 % par rapport à la même période de l’année précédente.
*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani
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