Les femmes à Kano, au Nigeria, assurent à la fois sécurité des transports et emploi grâce à l’initiative « Mata Zalla »
- Tarauni, fondatrice de l'initiative « Mata Zalla » : « Cette initiative peut changer la vie des femmes non seulement à Kano, mais dans tout le pays »
Adam Abu-bashal |
31.03.2026 - Mıse À Jour : 31.03.2026
Kano
AA / Kano / Adam Abu-Bashal
Dans l’État de Kano, au nord du Nigeria, une initiative lancée par un groupe de femmes, baptisée « Mata Zalla », offre un service de transport exclusivement féminin, garantissant à la fois des déplacements sûrs et des opportunités d’emploi pour les femmes.
Signifiant « femmes uniquement » en langue haoussa, « Mata Zalla » repose sur l’utilisation de tricycles motorisés conduits par des femmes et réservés exclusivement à des passagères.
L’initiative propose ainsi un modèle de transport adapté à la structure sociale conservatrice de la région, tout en maintenant des services séparés de tricycles pour les hommes.
Au-delà de la prise en compte des sensibilités culturelles, le projet vise également à renforcer l’autonomisation économique des femmes.
Des formations à la conduite sont dispensées afin de permettre aux femmes de jouer un rôle actif dans le secteur des transports, longtemps dominé par les hommes, leur ouvrant ainsi de nouvelles perspectives.
- Un espace sûr pour les femmes
La fondatrice et dirigeante du projet « Mata Zalla », Hajiya Hauwa Ahmad Tarauni, a déclaré à Anadolu que les femmes sont fréquemment exposées au harcèlement et à de mauvais traitements dans les transports quotidiens, précisant que le projet a été lancé pour les protéger.
Elle a expliqué que les femmes utilisent souvent les tricycles pour se rendre au marché, à l’hôpital et pour leurs besoins quotidiens, ajoutant : « Partager un véhicule avec des hommes peut être inconfortable et risqué pour de nombreuses femmes. »
- Une opportunité d’indépendance économique
Le projet ne se limite pas à garantir des déplacements sûrs, il vise également à renforcer l’indépendance économique des femmes.
Une attention particulière est accordée aux veuves et aux femmes divorcées, qui peuvent, grâce à une formation à la conduite, générer des revenus.
Tarauni a souligné que les femmes ayant perdu leur mari ou divorcées rencontrent souvent des difficultés à trouver du soutien à Kano, ajoutant que cette initiative leur offre une opportunité essentielle de subvenir aux besoins de leurs enfants.
- Une résistance sociale en recul
Tarauni a indiqué que le projet avait initialement suscité une forte opposition, la conduite de tricycles par des femmes n’étant pas une pratique courante.
Cependant, grâce à des campagnes de sensibilisation menées de porte à porte et à des programmes radiophoniques, l’initiative a progressivement gagné en acceptation.
Elle a également précisé que les véhicules utilisés dans le cadre du projet sont peints en rose, ce qui les rend plus visibles et symbolise la solidarité féminine.
- Appel au soutien
Tarauni a évoqué des difficultés de financement pour le développement du projet, indiquant que de nombreuses femmes ont été formées mais ne peuvent pas commencer à travailler faute de véhicules.
Elle a lancé un appel aux investisseurs et aux autorités, affirmant : « Cette initiative peut transformer la vie des femmes non seulement à Kano, mais dans tout le pays. »
L’initiative « Mata Zalla », portée par des femmes, s’impose ainsi comme un exemple marquant de transformation sociale et de solidarité féminine au Nigeria.
*Traduit du turc par Wafae El Baghouani
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