mercredi 8 avril 2020

(Bon, n'exagérons pas, la pandémie accentue un état de déliquescence des états en marche accélérée que la crise financière est en train d'achever. Bientôt la gouvernance mondiale amenée par les articles enthousiastes des médias des milliardaires et de journalistes dithyrambiques. note de rené)

La crise financière du coronavirus : les néolibéraux vont tout piller


Les choix qui sont fait pour soi-disant sauver l’économie de la crise financière due au coronavirus aujourd’hui, appliquent encore une fois la doctrine néolibérale et vont nous envoyer droit dans le mur comme après la crise de 2008. Il existerait d’autres solutions, mais elle ne sont pas appliquées pour des questions idéologiques et aussi pour sauver le pognon de quelques grands magnats de la finance au détriment de tous les autres, citoyens comme entreprises.
Lien vers la vidéo : https://youtu.be/fVmai6MD-xw 

La crise du crédit pour les entreprises
Beaucoup d’entreprises vont avoir des problèmes de liquidité prochainement à cause du fait qu’en ce moment, beaucoup de gens ne peuvent pas aller travailler. Beaucoup de productions se sont arrêtées et les carnets de commandes se vident. Ces entreprises vont aller voir les banques en disant que non seulement, elles ne peuvent pas rembourser leurs dettes, mais qu’en plus il leur faudrait des crédits supplémentaires pour survivre.
Évidemment, les banques vont les regarder en disant, vous êtes bien gentils mais si je vous prête et qu’il n’y a pas de reprise économique après la crise, vous ne pourrez pas rembourser, vous ferez faillite et moi aussi.
Le plus simple serait que la Banque Centrale Européenne prête directement aux entreprises. La Banque Centrale Européenne ne peut pas faire faillite puisque c’est elle qui contrôle la monnaie (allez voir les vidéo d’heu ?reka pour plus de détails).
Sauf que les traités européens ont été écrits par des néolibéraux (français pour beaucoup, on n'a pas besoin des autres pour ça), qui pensent que seules les banques privées doivent pouvoir intervenir dans l’économie, donc c’est interdit. Ce n’est pas impossible pour une banque centrale de prêter directement aux entreprises, ce n’est pas inefficace, c’est interdit pour une question idéologique néolibérale. L’idéologie néolibérale pense que seules les décisions et les intérêts individuels sont légitimes, alors tout ce qui s’impose au collectif, comme les lois par exemple, c’est mal.
Sans la BCE pour prêter aux entreprises, l’État français a aujourd’hui débloqué 300 milliards d’euros de garanties. L’État français a dit aux banques : prêtez aux entreprises, et si l’entreprise fait faillite, l’État remboursera à la place.
Quand on dit l’État remboursera, en fait c’est nous qui rembourserons. Vu qu’on a des néolibéraux au gouvernement on peut craindre qu’ils s’en servent comme excuse pour réduire le budget de l’État pour compenser : diminuer le nombre de fonctionnaires, les remboursements de soin, les investissements, enfin comme d’habitude.
De plus, l’État n’a pas dit à qui les banques devaient prêter. Après la crises de 2008 et 2010, les banques ont finalement surtout prêté aux grosses boîtes et on laissé les PME dans la mouise. On risque finalement d’avoir fait un cadeau de plus aux grosses entreprises et d’avoir laissé les PME sur le carreau comme d’habitude.
La 2e chose qu’a fait l’État pour les entreprises c’est de leur proposer de diminuer leurs dépenses. L’État a dit qu’il faisait cadeau aux entreprises, au moins pour le moment, des impôts et des cotisations sociales. Ces deux cadeaux sont complètement conforme à l’idéologie néolibérale. En effet, les impôts et les cotisations sociales financent la sécurité sociale. L’État aurait pu trouver d’autres mécanismes pour aider les entreprises, il a choisit de creuser le trou de la sécurité sociale. Cela veut dire que juste derrière, les néolibéraux vont nous demander de faire des efforts pour réduire ce déficit. Ils vont réduire les retraites, les prestations sociales ou les remboursements de soins. Si la réforme des retraites était passée, ce cadeau aurait, mécaniquement, directement baissé la retraite de ceux qui cotisent puisqu’il aurait baissé la valeur du point de la retraite à points.
La manière dont est réalisé ce sauvetage est dangereux car il risque fort de nous retomber dessus. Si l’Europe n’était pas néolibérale, la banque centrale pourrait financer nos entreprises directement.
La crise financière des fonds de pension
Les banques ne font pas que proposer des comptes en banque et des crédits. Cette partie c’est ce qu’on appelle banque de dépôt. Les banques proposent aussi des produits financiers, des placements, gèrent des portefeuilles d’actions tout ça. Elles jouent en bourse en fait. Cette partie c’est ce qu’on appelle banque d’investissement. Ces investissements sont des paris sur l’économie, ils rapportent de l’argent à ceux qui détiennent ces produits, les actionnaires par exemple. 
C’est aussi le cas des retraités des pays qui ont une retraite par capitalisation, comme l’Allemagne.
L’Allemagne a historiquement un modèle de retraite par répartition. Jusqu’en 2005, c’est même le pays d’Europe qui consacre le plus d’argent à ses retraites. En 2001 Gerard Shröder, le chancelier de l’Allemagne, chef du parti social-démocrate allemand, l’équivalent du parti socialiste chez nous, lance de grandes réformes néolibérales. Il commence à casser le code du travail et casser le système des retraites. Son travail est continué ensuite dès 2005 par Angela Merkel, qui elle est du centre-droit. C’est exactement le même schéma qu’en France avec les lois Macron qui ont été faite sous François Hollande et les nouvelles lois sous Emmanuel Macron. 
Les allemands ont diminué les cotisations sociales, comme nous avec le CICE, ils ont augmenté les impôts sur les retraités, (comme nous avec la CSG-CRDS) et ils sont fait des cadeaux fiscaux énormes aux fonds de pensions privés (ce que Macron a commencé à faire avec la flat-tax).
Aujourd’hui, les classes moyennes supérieures et les plus riches des Allemands payent des fonds de pension privés pour leur retraite complémentaire. Cet argent dans les marchés financiers n’est pas celui des pauvres, il n’ont pas de quoi acheter des produits financiers ni de points de retraites par capitalisation. Aujourd’hui la majorité des allemands qui prennent leur retraite sont dans une situation de pauvreté préoccupante. Une retraite prise à 65 ans ne permet pas de payer un loyer si on a eu des moments de chômage. La réponse de l’Europe néolibérale, c’est de dire qu’il faut maintenant forcer les allemands à bosser jusqu’à 69 ans, et c’est ce qui va nous arriver si on ne fait rien.
Les produits financiers comme les fonds de pensions qui gèrent les retraites des classes aisées allemandes ont besoins de 2 choses :
1) Il faut que l’économie tourne pour que les salariés travaillent, que les entreprises fassent des bénéfices et ainsi donner des dividendes aux actionnaires. Ceux qui détiennent des produits financiers sont des rentiers, ils attendent que leur argent placé fasse des petits, mais il faut pour ça que les gens travaillent pour eux.
2) Il faut que les banques de dépôts prêtent de l’argent aux banques d’investissements. Les fonds de pensions passent leur temps à acheter de nouveaux produits pour essayer de ramener de plus en plus d’argent. Les banques d’investissements sont hyper-endettées, bien plus que les entreprises.

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