jeudi 3 octobre 2019

La sécheresse frappe de plein fouet le centre du Chili

PETORCA (CHILI) (AFP) 
Una combinación de fotos que muestran al río La Ligua, en la provincia de Petorca, Chile, el 10 de septiembre de 2018 (izquierda) y el lecho seco del mismo río el 12 de septiembre de 2019 (derecha) - AFP
Des dizaines de milliers d'animaux morts, des fermes familiales au bord du gouffre et près de 600.000 personnes approvisionnées en eau par camions citernes : une dure sécheresse frappe le centre du Chili, marqué par une décennie de faibles précipitations.
A la fin de l'hiver austral, le plus sec depuis 60 ans, six des 16 régions du pays souffrent d'un déficit de pluies, qui atteint 77% à Santiago et Valparaiso. Dans ces six régions, 106.000 animaux sont morts en raison du manque d'eau et de fourrage, selon le ministère de l'Agriculture.
- Animaux morts -
A Colina, dans la métropole de Santiago du Chili, la sécheresse frappe durement les petits éleveurs. Il n'y a plus d'herbes sur les collines; vaches, chèvres et chevaux errent affamés.
AFP
Vista del lecho del río La Ligua, en la provincia de Petorca, Chile, el 12 de septiembre de 2019
"La sécheresse a été désastreuse pour nous", déplore Sandra Aguilar. Sa famille possédait une centaine de têtes de bétail. Aujourd'hui, la moitié seulement est encore en vie grâce à un filet d'eau fourni par un voisin qui a encore quelques réserves.
"La situation est compliquée", reconnaît Javier Maldonado, gouverneur de la province de Chacabuco, où plusieurs communes agricoles sont frappées de plein fouet par la sécheresse. "Nous devons être réaliste, le changement climatique est là pour durer", prévient-il.
AFP
Los restos de una vaca en Petorca, en la región de Valparaiso, Chile, el 12 de septiembre de 2019
"Sortir et voir les animaux morts, étendus au sol, c'est triste", confie Erick Hurtado, 23 ans, agriculteur à Petorca, dans la région de Valparaiso, qui a perdu la moitié de ses 60 têtes de bétail.
Selon le ministère de l'Agriculture, dans le centre du pays, les chèvres (80.000) ont été les plus touchées par la mortalité, suivies par les bovins (18.000) et les ovins (8.000).
- Pénuries d'eau -
Devant sa maison de la localité de Ligua, près de Valparaiso, Dominga Mondaca, 73 ans, montre les rigoles qui alimentaient jusqu'il y a peu ses plantations de fraises et d'agrumes.
AFP
Dominga Moncada, 73, muestra de dónde obtiene agua para regar sus vegetales en La Ligua, capital de la provincia de Petorca, Chile, el 12 de septiembre de 2019
"Cela fait plusieurs années que nous n'avions qu'un peu d'eau, mais cette fois, il n'a pas plu", raconte la septuagénaire, qui fait partie des 600.000 personnes approvisionnées dans le pays par des camions citernes.
Elles n'élève plus de poulets pour garder le peu d'eau qu'elle reçoit pour sa propre consommation et pour le nettoyage. Elle tente de conserver un minuscule potager.
Selon le ministère de l'Agriculture, 37.000 agriculteurs familiaux sont en difficulté dans le centre du pays.
- L'avocat, coupable ? -
A Petorca, les cours d'eau sont à sec et le paysage est pelé par la sécheresse. Mais des taches verdoyante surgissent par endroits : les plantations de citrons et d'avocats, dont le Chili est un grand exportateur.
AFP
Vista aérea de cultivos de aguacate en La Ligua, Petorca, Chile, el 12 de septiembre de 2019
Selon les habitants de Petorca, au manque d'eau, il faut ajouter la mauvaise gestion des ressources hydriques. "Il y a un excès de plantations en monoculture qui consomment toute l'eau", explique à l'AFP Diego Soto, du Mouvement de défense pour l'accès à l'eau, la terre et la protection de l'environnement (Modatima).
L'avocat, originaire d'Amérique centrale, a besoin de beaucoup d'eau pour pousser. "Il faut 600 litres d'eau par semaine pour un avocatier, la consommation humaine nécessite 50 litres par jour, soit 350 litres" par semaine, rappelle-t-il.
Les producteurs réfutent ces chiffres et dénoncent le manque d'infrastructures pour stocker l'eau, en surface comme sous la terre. "L'avocat n'est pas une culture qui nécessite plus d'eau", assure Francisco Contardo, le gérant du Comité local des producteurs.
- Moins de neige -
Dans le centre du Chili, il a moins neigé. En moyenne, les scientifiques prévoient une diminution d'entre 5 et 10% des chutes de neige tous les dix ans dans la quasi-totalité de la Cordillères des Andes, un des principaux réservoirs d'eau du pays
"La zone centrale du Chili est très dépendante des fontes estivales, de la neige comme des glaciers. Ce qui signifie que si la couverture de neige se réduit, il y a également une réduction de la disponibilité en ressources hydriques", dit à l'AFP Raul Cordero, spécialiste du changement climatique à l'Université de Santiago.
Dans cette région, les faibles chutes de neige ont obligé les principales stations de ski à utiliser de la neige artificielle bien plus tôt et davantage que les années précédentes.
"Le Chili a vécu comme s'il était un pays doté d'eau en abondance, mais probablement, le changement climatique et le réchauffement mondial ont changé cette situation pour toujours", a déclaré récemment le président chilien, Sebastian Piñera en annonçant un investissement de 5 milliards de dollars pour faire face à la sécheresse.

(Nous allons tous pleurer après l'eau. note de rené)

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