On a vu,
par le passé, des constructions de cathédrales durer plus de mille ans. A
Christchurch, en Nouvelle-Zélande, une nouvelle formule est
actuellement proposée : une cathédrale anglicane dont l'espérance de vie
estimée se limite à 50 ans. Et pour cause : l'édifice utilise pour
matériau principal... le carton. Destinée à remplacer temporairement l'église
néo-gothique de la ville, détruite lors d'un tremblement de terre en
2011, en attendant qu'un « vrai » lieu de culte soit rebâti, la
cathédrale a été conçue par l’architecte japonais Shigeru Ban, qui avait
déjà réalisé des bâtiments dans des zones sinistrées, comme au Rwanda,
au Japon ou encore récemment dans la région de l'Aquila en Italie, après
le tremblement de terre de 2009. Ce nouvel édifice constitue néanmoins la plus importante « construction d’urgence »
de la carrière de Shigeru Ban. Elle est constituée de près de 100 tubes
de carton assemblés comme des poutres (et évidemment traités contre
l'eau et les flammes – même si certains tubes ont déjà dû être changés
lors de trop fortes pluies), dans une large structure de forme
triangulaire. Haute de 21 mètres, elle peut accueillir jusqu'à 700
fidèles et n'a coûté « que » 4 millions d'euros. « L’ancienne cathédrale représentait la ville de nombreuses façons et nous pensons que la nouvelle prouve, elle, que Christchurch se reconstruit », a expliqué à l'AFP Lynda Patterson, la doyenne de la cathédrale. Pour Avi Friedman, professeur d'architecture à l'Université McGill, à Montréal (Canada), cité par le journal La Presse, le travail de Shigeru Ban est « impressionnant ».
« Le papier a des performances acoustiques très intéressantes et
procure des avantages environnementaux. (…) Mais je trouve quand même
dommage de construire quelque chose qui ne peut durer plus longtemps. » Bien que recyclable, cette cathédrale moins chère et
plus rapide à bâtir est trop sensible à l'humidité pour prétendre à une
durée de vie historique. Mais en attendant de reconstruire « dans la pierre », elle est sans doute une jolie façon d'accommoder l'Eternel et le provisoire.
Et, toujours dans l'alternatif, mes chers lecteurs :
(source : bioaddictif.fr)
Ecover récupère le plastique marin pour fabriquer ses propres emballages
Publié Hier à 17h38
La marque de produits d'entretien et de lessives écologiques Ecover
se lance dans une nouvelle aventure : le plastique "marin". Le concept ?
récupérer les emballages plastiques dans les océans pour les réutiliser
dans la fabrication de ses propres emballages.
Dés avril 2014, les bouteilles Ecover seront fabriquées avec 10% de "plastique marin" repêché en mer
Après avoir créé en 2011 le "plantastique", un nouveau matériau
pour ses emballages (PE végétal 100% à base d'éthanol de canne à sucre),
la marque Ecover va encore plus loin en récupérant les déchets plastiques des océans pour les réutiliser dans la fabrication des emballages de ses produits.
Ecover avait en effet franchi un grand pas en 2011 avec la création
du PE végétal 100% à base d'éthanol de canne à sucre pour emballer ses
produits. Ce plastique biosourcé est 100% renouvelable, réutilisable et
recyclable. Cependant, cette solution pouvait à long terme faire
craindre une surexploitation agricole. Conscient de ce problème et
fidèle à sa volonté de mieux préserver l'environnement et les ressources
naturelles, la marque a souhaité innover à partir de matériaux déjà
utilisés et non recyclés. Ainsi, dés avril 2014, les prochaines bouteilles Ecover seront fabriquées à partir de trois plastiques différents
: le "plantastique", le PET recyclé et 10% de "plastique marin",
repêché en mer par les marins pêcheurs partenaires et volontaires. Une idée solidaire entre militants écologistes, marins pêcheurs et recycleurs
Pour récupérer les plastiques dans les océans, Ecover s'appuie sur
l'association "Waste Free Ocean", qui équipe de chaluts "Thomsea" les
bateaux pour permettre aux marins pêcheurs de récupérer le plastique en mer.
Des bacs collectant ces déchets marins sont d'ores et déjà en place
dans plusieurs ports européens, connus pour être des zones de
concentration de macro-déchets, dont le Havre (Seine Maritime), Saint
Jean de Luz (Pyrénées atlantique) et Saint Mandrier (Var), pour la
France.
Ce plastique est ensuite trié, puis acheminé vers l'usine de
recyclage "Closed Loop Recycling" à Dagenham en Angleterre, à proximité
de Londres. Enfin, les éléments à recycler sont transférés au
plasturgiste "Logoplaste" (situé à Reading en Angleterre), chargé de
fabriquer les emballages Ecover en assemblant les trois différents
plastiques.
Voici donc une belle initiative de l'entreprise belge Ecover
qui développe déjà depuis 30 ans des produits écologiques à base
d'ingrédients d'origine végétale et minérale et dont les usines (situées
à Malle en Belgique et à Boulogne-sur-mer en France) sont de plus
éco-conçues.
Mathilde Emery
Ou alors, encore :
(source : Swissinfo.che)
Il a sauvé des millions de vies avec un insecte
Par Luigi Jorio, swissinfo.ch
Hans Rudolf Herren est le
premier suisse à décrocher le Right Livelihood Award, une sorte de Prix
Nobel alternatif. Rencontre à Zurich avec un entomologiste idéaliste,
dont le programme de lutte biologique a permis ni plus ni moins d’éviter
une famine en Afrique.
Il suffit parfois de petites choses pour changer le cours du
destin. Il en va ainsi d’une guêpe que le Suisse Hans Rudolf Herren, 66
ans, est allé dénicher à l’autre bout du monde. Avec la conviction
profonde de pouvoir venir en aide aux êtres humains, tout en s’inspirant
de la nature. «Je suis en quelque sorte un extrémiste. J’ai peu de
patience pour tout ce qui ne concerne pas la lutte biologique», affirme
le chercheur valaisan dans son bureau de Biovision, la fondation qu’il a
créée il y a plus de vingt ans à Zurich.
Son obstination l’a
accompagné dans ses périples tout autour du globe, de l’Afrique à
l’Amérique latine. Elle le mène désormais en Suède, où il s’est vu
remettre le 2 décembre 2013 le Right Livelihood Award. Ce prix
récompense «son expertise et son travail de pionnier dans la promotion
d’un approvisionnement alimentaire mondial durable et sûr», écrit le
jury du Prix Nobel alternatif.
Prix Nobel alternatif
Le Right Livelihood Award est décerné chaque
année à des personnes qui «offrent des réponses concrètes et exemplaires
pour affronter les défis actuels les plus urgents». Il est remis
uniquement à des personnes ou des groupes de personnes qui travaillent
dans le domaine de la protection de l’environnement, de la paix, des
droits humains, de la santé ou de l’éducation.
Créée en 1980 par le journaliste et philatéliste suédois Jakob von Uexkull,
la récompense est souvent décrite comme le «Prix Nobel alternatif». La
cérémonie de remise des prix se déroule d’ailleurs devant le Parlement
suédois, à Stockholm, et elle précède l’attribution du Prix Nobel de la
paix.
Le prix 2013, doté au total de 2 millions
de couronnes suédoises (près de 275'000 francs suisses), a été attribué
à quatre personnes: le suisse Hans Rudolf Herren (sécurité alimentaire), l’américain Paul Walker (armes chimiques), le palestinien Raji Sourani (droits humains) et le congolais Denis Mukwege (violences sexuelles).
Contre les pesticides et les OGM
Fils de fermier, Hans Rudolf Herren naît en 1947 dans le canton du
Valais. L’été, il travaille dans la ferme familiale. Il est notamment
chargé de conduire le tracteur qui disperse les pesticides sur les
plants de tabac. Après l’école d’agronomie, il poursuit sa formation à
l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, où il se spécialise dans
l’étude des insectes.
Grâce à une bourse du Fonds national
suisse, il part étudier Outre-Atlantique, à l’université californienne
de Berkeley. A des milliers de kilomètres de chez lui, il se rend compte
que quelque chose cloche dans la ferme de son père. «J’ai compris qu’il
y avait des alternatives aux herbicides chimiques et qu’il fallait les
mettre en pratique».
Influencé par son professeur, un fervent
partisan de la lutte biologique, Hans Rudolf Herren se concentre sur
l’utilisation d’organismes vivants pour éliminer les parasites des
plantes. «C’est à ce moment que je me suis radicalisé», affirme
l’entomologiste. Rapidement, il développe une aversion pour les
monocultures intensives et les organismes génétiquement modifiés (OGM).
A
la fin de ses études, il décide de ne pas retourner en Suisse, où les
perspectives de travailler pour l’administration fédérale ou la chimie
bâloise - «les deux options qui se présentaient alors à moi» - ne
l’enthousiasment guère. Une annonce parue dans un magazine le dirige au
contraire vers l’Afrique. A 31 ans, il n’imagine pas encore qu’il
sauvera bientôt des millions de vies.
“Mon
entêtement m’a sûrement aidé. Je n’accepte pas les réponses négatives
et je n’aime pas entendre parler de ‘problèmes’. Pour moi, il n’y a que
des solutions. ”
Hans Rudolf Herren
Le désastre du manioc
Au Nigeria, à l’Institut international d’agriculture tropicale, il
prend conscience de la menace qui plane sur l’Afrique. La cochenille du
manioc, un parasite introduit accidentellement, fait des ravages dans
les cultures de ce tubercule qui constitue la ressource alimentaire de
base pour les populations indigènes. «Le manioc a la même fonction que
le riz pour les Asiatiques ou les patates pour les Européens. Un sac de
manioc qui coûtait auparavant 20 dollars était vendu à plus de 100
dollars», se souvient Hans Rudolf Herren.
Les insecticides
utilisés par les autorités locales se révèlent inefficaces et la
sélection des variétés requiert trop de temps. Il ne reste alors qu’une
option: revenir aux origines du parasite pour identifier son ennemi
naturel. «Nous savions que la cochenille du manioc vivait en Amérique
latine. Mais où exactement?» Avec un fonds de 250'000 dollars, Hans
Rudolf Herren part à l’exploration du continent sud-américain. Du Nord
au Sud, il enquête dans les zones de diffusion originelles du manioc.
C’est
finalement au Paraguay, aux confins du Brésil et de l’Argentine, qu’il
découvre la solution pour l’Afrique: elle se présente sous la forme
d’une simple guêpe, qui pond ses œufs dans les larves de cochenille et
les tue. «Si j’avais débuté mon exploration depuis le Sud, il m’aurait
fallu deux mois au lieu d’un an et demi pour faire cette découverte.
Mais j’ai au moins eu le temps d’admirer les paysages», ironise Hans
Rudolf Herren.
Une étape importante de la recherche est
terminée. Mais le plus difficile reste encore à venir. Comment
introduire la guêpe en Afrique et freiner rapidement la diffusion du
parasite? Pour quelqu’un qui aime les défis, la réponse est simple:
grâce à une technique jamais utilisée auparavant.
Hans Rudolf Herren
Il naît le 30 novembre 1947 à Monthey (Valais) dans une famille d’agriculteurs.
Il décroche un doctorat en lutte biologique des parasites à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich. Il poursuit sa formation en écologie à l’université de Berkeley, en Californie.
De 1979 à 1994, il travaille auprès de l’Institut international d’agriculture tropicale au Nigeria. Il devient ensuite directeur du Centre international de physiologie et d’écologie des insectes à Nairobi, au Kenya.
En 2004, il devient co-directeur du projet Evaluation internationale du savoir, de la science et de la technologie,
une initiative qui rassemble des centaines de chercheurs afin de
trouver des solutions pour nourrir la population de la planète.
Avec quelques amis, il crée en 1998 à Zurich la fondation Biovision. Son but est de proposer des alternatives écologiques pour venir à bout de la pauvreté et de la famine en Afrique.
Le
travail de Hans Rudolf Herren a été reconnu à diverses occasions. Il a
été le premier suisse à se voir décerner le World Food Prize (1995) et
le Right Livelihood Award (2013).
Il est marié et vit entre Washington, Rome et la Californie.
Pluie de guêpes
L’agronome suisse est galvanisé par l’idée. Mais il nourrit
également des inquiétudes. Il ne veut pas répéter l’erreur, trop souvent
commise ailleurs, d’introduire une espèce potentiellement nuisible. Les
guêpes sont ainsi mises en quarantaine dans un laboratoire de Londres.
Les résultats sont étonnants. «Nous n’en croyions pas nos yeux: après
trois mois, les cochenilles avaient disparu».
En Afrique, des
centaines d’ingénieurs sont formés. Partout s’érigent de véritables
«usines à insectes», où sont «produites» des millions de guêpes. Pour
les disséminer, une méthode rapide est cependant nécessaire. Car la zone
d’intervention touche 24 pays, du Sénégal au Mozambique.
La
solution vient d’en haut. Les guêpes sont dispersées avec un avion
volant à une vingtaine de mètres du sol. Une première mondiale, pas
exempte de risques. «Nous avions toutes les autorisations, mais certains
militaires n’étaient pas au courant. Au Ghana, ils nous ont
pratiquement tiré dessus. Ils pensaient que nous étions des espions».
Le
programme de lutte biologique est un succès. En peu de temps, il
réussit à restaurer l’équilibre naturel entre la cochenille du manioc et
son antagoniste. Selon le World Food Prize, cela a permis de sauver la
vie de 20 millions de personnes. «Mon entêtement m’a sûrement aidé. Je
n’accepte pas les réponses négatives et je n’aime pas entendre parler de
‘problèmes’. Pour moi, il n’y a que des solutions».
Libre choix aux agriculteurs
L’efficacité de la lutte biologique est largement attestée. Il ne
s’agit toutefois pas d’une panacée universelle, soulignent plusieurs
chercheurs. Ce qui fonctionne pour la cochenille du manioc n’est pas
forcément adapté pour les autres parasites. A l’Ecole polytechnique de
Zurich, le groupe de recherche sur les cultures biotechnologiques a par
exemple développé une nouvelle variété de manioc transgénique résistante
au virus dévastateur CBSD (Cassava Brown Streak disease).
Des
projets qui provoquent un hochement de tête réprobateur chez Hans Rudolf
Herren. Les OGM peuvent avoir des effets positifs à court terme. Mais à
la longue, ils impliquent des coûts écologiques et sociaux importants:
les sols s’appauvrissent, la biodiversité se réduit et les agriculteurs
s’endettent toujours davantage pour acheter les semences. Dans les
champs africains, la bataille d’Hans Rudolf Herren en faveur d’une
agriculture durable s’est ainsi portée vers d’autres fronts. «Nous
devons restaurer la démocratie. Ce sont les gens qui doivent décider ce
qu’ils veulent cultiver, et de quelle manière. Pas les multinationales,
qui ont de l’argent pour influencer les politiciens.»
Grâce à la
fondation Biovision, il n’entend pas uniquement s’attaquer aux racines
de la faim et de la pauvreté. Il est également essentiel pour lui
d’informer les agriculteurs et de les convaincre de partager leurs
connaissances. «La valeur des micro-organismes dans le sol a été prouvée
scientifiquement. Nous utilisons ensuite ces connaissances pour
produire mieux et plus, en harmonie avec la nature».
Pour Hans
Rudolf Herren, le Prix Nobel alternatif consacre la valeur de cette
vision. «C’est avant tout une reconnaissance pour les agriculteurs
africains: ce signal leur montre qu’ils sont sur la bonne voie». Au-delà
de ce prix, une autre satisfaction embellit la vie du chercheur. Dans
la vieille ferme de ses parents, la plantation de tabac a certes
disparu, mais on continue à cultiver des fruits et des légumes. Sans
pesticides, évidemment.
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