mercredi 30 novembre 2016

France.

Le groupe Bolloré multiplie les conflits et les problèmes, en France comme en Afrique

Le groupe Bolloré multiplie les conflits et les problèmes, en France comme en Afrique
(Agence Ecofin) - Catastrophe ferroviaire au Cameroun, conflits multiples dans le secteur français des médias, procès en appel dans l’affaire du port de Conakry, manifestations de salariés au Cameroun, chiffre d’affaires en baisse… la liste des problémes ne cesse de s’allonger pour le groupe français aux méthodes musclées.
Demain, jeudi 1er décembre, la Cour d’appel de Versailles se penchera sur l’affaire du port de Conakry et jugera si le groupe Bolloré a contribué d’une manière ou d’une autre à évincer son rival Necotrans du port de Conakry, au lendemain de l’élection du président Alpha Condé, en 2011. Le conglomérat français avait déjà été condamné en première instance à verser 2,1 millions d’euros à Necotrans.
Au Cameroun, l’accident ferroviaire de Camrail, filiale du groupe Bolloré, qui a fait 79 morts et des centaines de blessés, à Eseka le 21 octobre dernier, a fait l’objet d’un rapport d’enquête. Ce document se trouve aujourd’hui sur le bureau du président Paul Biya. Selon France 24, une surcharge du train et un défaut d’entretien du système de freinage seraient la double cause de ce drame. D’autres sources parlent d’un excès de vitesse. En attendant de connaître la version officielle, les familles de victimes s’organisent autour de leurs avocats.
Pendant ce temps, le groupe voit son chiffre d’affaires se contracter : -10% au troisième trimestre. Le recul des prix du pétrole et la morosité des échanges internationaux ont entamé l’activité transport et logistique, qui représente plus de 55% du chiffre du groupe, dont sa part la plus rentable.
A cette série noire, s’ajoute un conflit de plus d’un mois au sein de la chaine française i-Télé. 25 journalistes ont déjà claqué la porte. En tout, 70 journalistes, soit 60% des effectifs de la rédaction de la chaîne, devraient reprendre leur liberté, estimant que, sous l’autorité du milliardaire breton, leur indépendance est mise à mal.
Sur C8, une autre chaîne TV du groupe, Cyril Hanouna, l’animateur protégé de Vincent Bolloré, est menacé de sanction de la part du régulateur, notamment pour une agression sexuelle commise à l’antenne. L’émission qui tire l’essentiel de l’audience de la chaîne est menacée de suspension.
A Abidjan, la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA) a récemment tranché en faveur de l’homme d’affaires burkinabè Pangueba Mohamed Sogli dans un conflit commercial avec le groupe français.
Il y a quelques jours, ce sont les salariés camerounais de plusieurs plantations de palmiers et d’hévéas du groupe Bolloré qui ont déclenché un mouvement de grève pour exiger de meilleures conditions de travail et de vie, eu égard aux bénéfices réalisés par les sociétés concernées.
Last but not least, samedi 19 novembre plusieurs association et ONG ont organisé à Paris une « marche anti-Bolloré » pour dénoncer « l’irresponsabilité sociale » du conglomérat familial français.
Idée reçue

L’austérité est le seul remède à la crise

Dans l’Allemagne du chancelier Brüning, le Chili du général Pinochet ou le Portugal de Salazar, partout où elle fut appliquée, l’austérité a produit l’inverse des effets annoncés : loin de relancer la croissance, elle a fragilisé les populations, déstabilisé les sociétés et affaibli les économies. Mais l’Union européenne n’en démord pas : la rigueur est le remède miracle contre la crise des finances publiques.
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Photographie de Stefania Mizara, 2012.

En Grèce, dans la banlieue d’Athènes, le centre médico-social d’Hellinikon permet à des familles privées de couverture sociale de se faire soigner gratuitement.
«Rien ne pourra se faire de crédible sans une coupe dans les dépenses publiques », écrivait en 2011 un éditorialiste du Figaro. Deux ans plus tard, sur Europe 1, un autre commentateur abondait dans ce sens, prônant « la baisse des dépenses de santé, le recul des crédits aux collectivités locales et, surtout, plus de réformes structurelles pour la compétitivité ». Depuis le début de la « grande récession » (lire Naissance de l’économie de spéculation), nombre de journalistes, dirigeants politiques, économistes s’emploient à présenter l’austérité – c’est-à-dire la diminution des dépenses publiques – comme la condition nécessaire du retour à la croissance. La rengaine est connue : le fardeau que la dette ferait peser sur les générations futures obligerait au sacrifice de tous et à l’effort de chacun.
Pourtant, partout où elle est mise en œuvre, l’austérité produit l’inverse des effets annoncés. Elle perpétue la récession, accroît le niveau de dette publique et creuse les déficits. Entre 2008 et la fin de l’année 2013, le produit intérieur brut (PIB) de l’Italie a chuté de 8,3 % ; celui du Portugal, de 7,8 % ; celui de l’Espagne, de 6,1 %. Quant à la dette publique, depuis 2007, elle est passée de 25 % du PIB à 117 % en Irlande ; de 64 % à 103 % en France ; de 105 % à 175 % en Grèce. Tous ces pays sont des adeptes de la rigueur.
La « troïka » a favorisé la mise en place d’un gouvernement technocratique en Italie.
La baisse des prestations sociales, la diminution (relativement à l’inflation) des salaires et le gel des embauches des fonctionnaires – les trois principales formes de l’austérité – ont également contribué à l’augmentation du chômage. Situé autour de 12 % dans l’Union européenne, le taux de chômage s’élève, en Grèce, à 27,9 % en 2013 contre 10 % en 2007 ; en Espagne, à 26,7 % contre 7,3 % ; au Portugal, à 16 % contre 6,1 % ; et en Irlande, à près de 15 % contre 4,7 %. Conséquence : l’austérité grippe la consommation, l’un des principaux moteurs de l’activité, et affecte jusqu’à la santé des peuples : en Grèce, la baisse de 23,7 % du budget du ministère de la santé entre 2009 et 2011 s’est accompagnée d’une recrudescence de certaines maladies – les cas d’infections au virus de l’immunodéficience humaine (VIH/sida) ont par exemple augmenté de 57 % entre 2010 et 2011. Le nombre des suicides s’est envolé, quant à lui, de 22,7 %.
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Photomontage de Boris Séméniako, d’après le tableau de Pérugin « L’Adoration des bergers » (1510).
Les dirigeants ne retiennent pas grand-chose de l’histoire. Dans les années 1930 déjà, les programmes de déflation menés par Pierre Laval en France, Ramsay MacDonald au Royaume-Uni et le chancelier Heinrich Brüning en Allemagne avaient paupérisé les peuples européens. De même, après l’éclatement de l’Union soviétique en 1991, les coupes budgétaires avaient donné lieu à une véritable saignée : l’espérance de vie masculine chuta de 64 à 57 ans entre 1991 et 1994.
D’autres politiques seraient possibles : augmenter les salaires et l’investissement public pour relancer l’investissement (une méthode appliquée, avec un certain succès, dans l’Amérique du New Deal), annuler les « dettes illégitimes », ou encore nationaliser le système bancaire. Mais rares sont les gouvernements qui, en Europe, osent s’aventurer sur ces sentiers inusités : la pression des institutions financières internationales est jugée trop forte.
Jadis imposée par des dictatures, comme dans le Portugal d’António de Oliveira Salazar (1932-1968) ou dans le Chili d’Augusto Pinochet (1973-1990), l’austérité est aujourd’hui orchestrée par le « talon de fer » d’organismes supranationaux non élus. En Grèce et au Portugal, la « troïka » (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international [FMI]) a envoyé ses agents dans chaque ministère pour contrôler les dépenses publiques.
En Italie, elle a favorisé la mise en place du gouvernement technique de Mario Monti (2011-2013). En mars 2014 en Ukraine, dans un contexte de très grande instabilité politique, le FMI impose le gel des retraites et la baisse de 10 % des effectifs de la fonction publique. Enfin, l’entrée en vigueur du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) en 2013 a soumis les Etats membres de l’Union européenne à un contrôle a priori sur leurs budgets. Limitant à 0,5 % du PIB le déficit budgétaire autorisé pour les Etats – contre 3 % précédemment –, cette « règle d’or » interdit toute politique de relance de l’activité.

MANUEL SCOLAIRE ITALIEN

A l’unisson des principaux médias et commentateurs du pays, ce manuel italien publié en 2008 ne voit d’autre solution que l’austérité pour sortir de la crise.
En réalité, la cure d’austérité financière imposée par le traité de Maastricht n’a fait que révéler (contribuant ainsi à les corriger) quelques caractéristiques qui pénalisent les économies du Vieux Continent depuis longtemps (…) et le rendent peu compétitif par rapport aux marchés asiatiques et nord-américains : l’excès de dépenses publiques (…) ; le caractère non durable, sur le plan financier, des systèmes de sécurité sociale (…) ; la rigidité du marché du travail, davantage guidé par la préservation des acquis que par la volonté de créer de nouvelles possibilités pour les jeunes et les chômeurs.
Allan Popelard
Géographe.
Paul Vannier
Géographe à l’Institut français de géopolitique, université Paris-VIII.
En Suède, mes chers cinq lecteurs, on réduit le temps de travail pour le même salaire. En France où les économistes et journalistes sont payés par les patrons pour nous faire croire qu'il n'y a pas d'autres solution, on fait le contraire. Même nos politiques prônent l'augmentation du temps de travail, mais, sont-ils payés par le patronat ?

La Suède passe à la journée de travail de 6 heures ! Un vrai succès pour les salariés et les patrons


© Ints Kalnins Source: Reuters
De plus en plus d'entreprises suédoises sont en train d'adopter la journée de travail de 6 heures, au lieu des 8 conventionnelles. Le but ? Rendre les salariés plus efficaces sur un temps plus court et leur permettre de mieux profiter de leur famille
Maison de retraites, hôpitaux, constructeurs automobiles...ils sont de plus en plus nombreux les patrons suédois à sauter le pas et à raccourcir allégrement la journée de travail-type de leurs employés. C'est ce que rapporte le site Sciencealerte.com qui explique que l'idée est de parvenir finalement à en faire plus en moins de temps tout en gardant de l'énergie pour vivre une vie de famille épanouie.
Ainsi, l'entreprise Toyota de Göteborg -la deuxième plus grande ville du pays- qui a fait la bascule il y a plus de 13 ans a constaté un turn-over réduit dans ses équipes, un personnel plus heureux et une meilleure rentabilité !
Même constat chez Filimundus, une start-up basée dans la capitale qui a introduit la journée de six heures l'année dernière, tout comme chez Fast Company qui se réjouit de ce changement. «Rester concentré sur une tâche spécifique de travail pendant huit heures est un énorme défi. Pour faire face, nous alternons les tâches et faisons des pauses pour rendre la journée de travail plus supportable. Et dans le même temps, nous éprouvons des difficulté à gérer notre vie privée en dehors du travail» constate Linus Feldt, le PDG de l'entreprise, pour qui la journée de 8 heures est tout sauf réellement efficace.
Et ce patron de détailler ses techniques pour rendre le travail plus efficient en un temps plus court: la consultation des réseaux sociaux n'est plus autorisée pendant le temps de travail, les «distractions» en tout genre sont également éliminées et les réunions réduites au strict minimum. Le tout afin de garder de l'énergie pour après !
Selon Alerte Science, des médecins et des infirmières dans certains hôpitaux du pays sont également en train de tester la journée de 6 heures. Une maison de retraite à Göteborg est d'ailleurs passée à ce régime il y a quelques mois plus tôt et mène une expérience jusqu'à la fin de 2016 pour déterminer si les améliorations apportées en terme de soins aux patients et de bien-être pour les employés équivaut au coût de l'embauche de nouveaux membres du personnel pour couvrir les heures perdues.

Cet autre article :

La Suède teste la journée de 6 heures. Et ça fonctionne !
source : L’Obs

La municipalité de Göteborg en Suède a décidé d'abaisser à 30 heures hebdomadaires le temps de travail de certains de ses employés et espère doper leur productivité. (GUILLAUME BAVIERE /FLICKR)
A Göteborg, la municipalité tente une expérience originale : faire travailler une partie de son personnel "seulement" six heures par jour pour augmenter sa productivité. Un exemple dont il faut s'inspirer ?

Réduire le temps de travail pour augmenter la productivité... et le bonheur des salariés. Et si c'était cela la clé de la réussite d'une entreprise ? Depuis le mois de février, la mairie de Göteborg teste la semaine de 30 heures dans plusieurs établissements publics de la ville. Pour le même salaire, les employés travaillent désormais six heures par jour à la place de huit.
Le service public n'est pas le seul concerné et de nombreuses sociétés suédoises ont déjà adopté ce nouveau rythme de travail plus souple. A la clé, moins de stress pour les salariés, des embauches et une plus grande attractivité pour l'entreprise.
La municipalité de Göteborg veut donner l'exemple
A l’initiative de Mats Pilhem, maire adjoint de la ville et membre du Parti de Gauche, la municipalité de Goteborg deuxième ville du pays, demande à ses salariés de jouer les cobayes depuis le mois de février. Les employés municipaux du secteur des soins aux personnes âgées ont été divisés en 2 groupes : le groupe A travaille 6h par jour, le groupe B, 8h par jour. A salaire égal. But de l'expérience : comparer la productivité et le bien-être des employés et, peut-être, étendre le nouveau rythme de travail à l'ensemble des services.
A la fin de l'expérience, nous comparerons les deux et on verra ce qui diffère. Nous espérons que le personnel réduira son nombre de congés maladie et qu'il se sentira mieux mentalement et physiquement grâce à des journées plus courtes", expliquait Mats Pilhem, à l'annonce du projet en avril 2014.
A la maison de soins de Svartedalens, le personnel concerné par la diminution du nombre d'heures de travail salue l'initiative, comme le rapporte le "Guardian" : "J'étais tout le temps épuisée, dès que je rentrais du travail, je m'écroulais de fatigue sur le canapé. Désormais, je suis plus alerte : j'ai à la fois plus d'énergie pour mon travail, mais aussi pour ma vie de famille", raconte Lise-Lotte Pettersson, une des 82 infirmières de l'établissement. 
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Le passage aux 30 heures hebdomadaires a également eu un impact positif sur l'emploi : depuis le mois de février 14 postes ont été créés pour compenser la réduction du temps de travail et la direction de l'établissement dit avoir observé "une amélioration des services" et du "bien-être" des salariés.
Dans le service public... et dans le privé
Non loin de l'établissement de Svartedalens, l'usine d'assemblage Toyota de Göteborg fait figure de précurseur en la matière. Depuis 13 ans, la direction a adopté les journées de six heures pour ses mécaniciens et ses employés de bureau sans jamais revenir sur le principe. Le site fonctionne 12 heures par jour non-stop, et les équipes se succèdent chaque jour à midi. 
Quelle contrepartie pour les salariés ? Des pauses plus courtes, mais une production augmentée selon Martin Banck, le directeur : "
Le personnel se sent mieux, il y a moins de turn-over et le recrutement est plus facile.", raconte-t-il. 
Selon lui, depuis 2002 et l'arrivée de la journée de six heures, les profits du site ont augmenté de 25% et les salaires des employés se maintiennent au-dessus de la moyenne dans le secteur : environ 3.300 euros par mois contre 2.700 euros.
Pourtant, malgré des premiers retours positifs, l'expérience de la semaine des 30 heures faite par la municipalité de Göteborg  pourrait prendre fin dès l'année prochaine, note le "Guardian". Fermement opposé à la réduction du temps de travail, le parti Libéral - qui vient de récupérer la majorité dans la ville - pointe du doigt le coût de l'expérimentation : plus de 850.000 euros par an. "Tout n'est pas qu'une question d'argent", réplique Daniel Bermar, du Left party de Göteborg et qui a soutenu l'expérience à Svartedalens.
L'idée n'est pas de faire les choses pour moins cher, mais mieux."
Lucas Burel
Et, en France :

Chez Daimler France, c'est 39 heures payées 37, mais où va-t-on s'arrêter ?


© Vincent Kessler Source: Reuters
Ce «chantage» imposé par Daimler, temps de travail contre emploi assuré, est en réalité une fuite en avant, explique Henri Sterdyniak. Le risque ? Que ce genre d'accords d'entreprise fleurissent en France, sur le modèle allemand.
Chez Smart France, à Hambach en Moselle, c'est jour de vote. Chacun des 800 salariés est en effet invité à venir déposer son bulletin dans l'urne afin de se prononcer sur ce «deal» mis sur la table par la direction allemande de l'usine, le groupe automobile Daimler: acceptez-vous un retour aux 39 heures -payées 37- en échange d'un emploi assuré jusqu'en 2020 ?
Si les salariés votent pour le moment dans le calme, les esprits ont pourtant eu le temps de s'échauffer dans l'usine; le syndicat des cadres, le CFE-CGC s'est dit favorable à cet accord d'entreprise, mais du côté de la CGT, les voyants sont plutôt au rouge. Selon Philippe Simart le délégué, «les gens sont contre parce qu'il y a trop de perte de salaire». Derrière cet accord, on retrouve l'épineuse question du coût du travail que Smart France aimerait bien voir baisser pour «se préparer à des périodes moins fastes» explique-t-elle.
Un vote consultatif qui intervient, hasard du calendrier, alors que le gouvernement vient d'annoncer une grande réforme du code du travail. Si officiellement la nouvelle loi ne concernera pas la durée légale du temps de travail en France, à savoir 35 heures, elle devrait pourtant permettre aux entreprises de passer des accords particuliers avec leurs salariés, et donc de passer outre !
En savoir plus: Gérard Filoche : Ni Valls ni Macron ne cherchent véritablement à lutter contre le chômage
Henri Sterdyniak, directeur du département économie de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et membre des Economistes atterrés, s'inquiète des conséquences que pourrait avoir cette loi en prépartion. «La loi va permettre de aux entreprises de faire du chantage aux salariés et de leur proposer de baisser leurs droits et leurs salaires grâce à des accords» explique-t-il à RT «et même les entreprises prospères comme Daimler peuvent jouer de cette carte pour faire accepter à leurs employés des baisses de salaire. Le rapport est ici inégalitaire car les patrons ont le choix de produire en France, en Italie ou en Slovaquie et peuvent clairement faire pression sur leurs salariés».
Quant à la baisse du coût du travail comme vecteur de croissance pour l'économie française, l'argument fait doucement sourire Henri Sterdyniac. «Il faut rappeler que les heures supplémentaires au-delà de 35 heures avaient pour but d'inciter les entreprises à embaucher plutôt que d'y avoir recours, donc là, quelque part avec de tels accords, c'est certain qu'on ne favorise pas les embauches et la baisse du chômage» constate l'économiste, qui poursuit: «Et si l'entreprise devient plus compétitive, il est fort à parier que ses concurrents font faire de même, ce qui risque d'enfoncer les pays de la zone euro dans une course à la baisse des salaires. Et c'est dans cette voie que l'Allemagne est entrée depuis plusieurs années déjà».
«Pire» annonce enfin Henri Sterdyniak, ce type d'accord «au niveau macro-économique va venir peser lourd sur la consommation des ménages. Car les gens vont travailler 39 heures et les 4 heures supplémentaires au lieu d'être payées 25% de plus vont être rémunérées 50% de moins !».
L'économiste s'interroge enfin sur le contenu même de cette loi promise par le gouvernement Valls: « Est-ce que ces accords vont concerner aussi les contrats de travail ou les formalités de licenciement ?». Et ce dernier d'imaginer une entreprise qui, grâce à la réforme du code du travail, pourrait faire voter ses salariés sur «un accord permettant de rémunérer moins bien les femmes que les hommes», avant de lâcher: «Finalement pourquoi pas ? Car on ne sait pas vraiment jusqu'où ils veulent aller».