vendredi 4 avril 2025

 (En même temps, c'est du matériel que les américains peuvent désactiver quand ils le veulent, imaginez l'épée de damoclès au dessus de leur tête. Il suffit que Washighton pète de travers et ils sont foutus. Regardez le Danemark, trump déclare qu'il va s'emparer de ce territoire même par la force et que fait le Danemark, il passe une commande pour des avions américains F-35. Les américains pourraient leur chier dessus, ils ouvriraient la bouche. note de rené)

Washington met en garde l’UE des conséquences d’une réduction des achats de ses armes

par Observateur Continental

Les responsables américains s’opposent à la volonté européenne d’acheter des armes localement.

«Des responsables américains ont déclaré à leurs alliés européens qu’ils souhaitaient qu’ils continuent d’acheter des armes de fabrication américaine», stipule Reuters.

Cela a été déclaré «dans le contexte des récentes mesures prises par l’Union européenne pour limiter la participation des fabricants américains aux appels d’offres d’armement», ont déclaré à Reuters cinq sources proches du dossier.

«Les messages délivrés par Washington ces dernières semaines interviennent alors que l’UE prend des mesures pour stimuler l’industrie européenne de l’armement, tout en limitant potentiellement les achats de certains types d’armes américaines», conclut Reuters.

Certaines des mesures proposées pourraient, selon les experts, «réduire le rôle des entreprises non européennes, y compris américaines», dans le réarmement des pays de l’UE.

Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a exprimé lors d’une réunion le 25 mars avec ses homologues de Lituanie, de Lettonie et d’Estonie le désir de Washington de continuer à participer aux achats de défense des pays de l’UE, rapporte l’agence de presse anglophone.

Selon Marco Rubio, toute exclusion des entreprises américaines des appels d’offres européens sera perçue négativement par la Maison-Blanche. Cette question sera abordée par le secrétaire d’État américain lors de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN à Bruxelles, a informé un haut responsable du département d’État américain.

source : Observateur Continental


 


Le statut de puissance nucléaire de la France dépend désormais de ses anciennes colonies et de la Russie

par RT France

Les dirigeants français proposent aux pays européens leur parapluie nucléaire en cas de réduction de la présence des troupes américaines. Mais, comme RT l’a découvert, il est peu probable que Paris puisse transférer même une partie de son petit arsenal nucléaire, se limitant à une connexion «virtuelle» des alliés à son infrastructure.

La France possède plus de 290 ogives nucléaires actives, selon des données fournies par la Fédération des scientifiques américains (FAS). Ce nombre est supérieur à celui du Royaume-Uni, mais deux fois inférieur à celui de la Chine (qui en a plus de 600), et plus de dix fois inférieur à celui des leaders en la matière : la Russie et les États-Unis ont respectivement 5449 et 5277 ogives. Selon la FAS, une partie des ogives françaises est en état d’alerte.

«54 ogives sont placées sur des missiles air-sol ASMPA d’une portée d’environ 300 km. Ces missiles peuvent être utilisés depuis les avions Mirage 2000N, mais il y en a peu, ils sont retirés du service opérationnel. Maintenant, il est très probable que le principal transporteur de ces missiles sera le chasseur Rafale – un avion moderne comparable en capacité au Su-35S russe», explique à RT l’expert militaire Dmitri Kornev.

Chasseur de l’armée de l’air stratégique française

Le deuxième type de porteurs d’ogives nucléaires françaises sont les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins dotés de missiles balistiques intercontinentaux M-51 d’une portée allant jusqu’à 9000 kilomètres.

«Ces missiles sont placés sur des sous-marins de type Triomphant, il n’y en a que quatre. Ils sont en service à tour de rôle en mer. Les missiles M-51, chacun portant six ogives, et les ogives elles-mêmes ont été modernisés, ils sont modernes, comparables à notre Boulava [missile balistique intercontinental – RT]», indique l’expert militaire.

Assemblage du sous-marin nucléaire Triomphant au chantier naval de Cherbourg

La question de l’arsenal nucléaire français et britannique a été abordée constamment par les États-Unis et l’URSS. La France et la Grande-Bretagne étaient signataires d’un accord final entre les grandes puissances visant à réduire les armements stratégiques, note Kornev. Selon lui, il est impossible de négliger l’existence de ces arsenaux nucléaires :

«La question est de savoir comment nous évaluons la menace de plusieurs centaines d’ogives nucléaires. Si l’on considère qu’une seule frappe massive n’est pas critique, un tel arsenal peut sembler insignifiant par rapport aux forces nucléaires de la Russie ou des États-Unis. Mais même une seule ogive peut causer d’énormes dommages. Il pourrait s’agir de la mort de 15 millions de personnes».

Selon l’expert, la France peut déléguer le pouvoir de décider de l’utilisation des armes nucléaires dans le cadre de l’OTAN. Mais le transfert physique des ogives (par exemple en Allemagne ou en Pologne) est très peu probable. Cela violerait le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et provoquerait une réaction extrêmement sévère de la part de la Russie.

Contrairement aux États-Unis, qui déploient des charges nucléaires tactiques en Europe, la France a toujours gardé le plein contrôle de son arsenal, souligne Kornev.

La France possède principalement des missiles stratégiques portant des ogives de grande puissance de 100 à 300 kt, mais manque d’armes nucléaires tactiques de faible puissance d’environ 15 kt (équivalent à la bombe larguée sur Hiroshima). Cela réduit considérablement la flexibilité de l’arsenal français et son influence, reconnaît l’historien nucléaire français Yannick Pinquet.

Contrairement à la Grande-Bretagne, Paris est susceptible de développer et de produire indépendamment la plupart des composants clés des armes nucléaires et de leurs vecteurs, remarque Dmitri Kornev. Selon lui, depuis la création du programme nucléaire dans les années 1950-1970, Paris voulait être totalement indépendant des États-Unis et des autres alliés. Dans le même temps, l’expert n’exclut pas que des composants individuels, par exemple des micropuces, puissent provenir d’autres pays : «Des coopérations franco-britanniques et franco-allemandes sont également possibles. À trois, ou à quatre. L’Italie les rejoint de temps en temps. C’est une pratique établie depuis les années 1960 et 1970. Ils construisaient ensemble des avions, notamment l’avion militaire anglo-français SEPECAT Jaguar ou F-35, il s’agissait également d’un grand consortium. C’est plus profitable et plus simple. Il est impossible de construire des avions tout seuls, c’est une certaine forme d’auto-illusion».

Centrale nucléaire de Cattenom, Grand Est

Nucléaire peu pacifique

L’année dernière, la France a annoncé le lancement du programme nucléaire Trident. En vertu d’un accord avec le ministère français des Armées, l’entreprise publique Électricité de France (EDF) produira du tritium, un composant des armes nucléaires. À cette fin, il est prévu d’utiliser les capacités de la centrale nucléaire de Civaux située à l’ouest du pays.

Il est prévu d’arrêter dans un premier temps les réacteurs de la centrale pour des raisons de maintenance. A l’été 2025, du lithium 6 (6Li) sera installé dans les réservoirs des réacteurs pour irradiation, ce qui permettra de produire du tritium, un isotope radioactif de l’hydrogène.

Le lithium 6 est obtenu par le processus chimique de l’amalgamation. C’est une production sale car elle implique l’utilisation de mercure, comme l’a expliqué à RT Igor Ostretsov, expert en physique nucléaire et en énergie nucléaire et docteur en sciences techniques. Selon lui, tous les pays ayant fabriqué des bombes thermonucléaires ont de l’expérience dans la production de lithium 6. La plus puissante de ces bombes a été testée par l’URSS en 1961. Elle a été surnommée la Tsar Bomba.

Une copie de la Tsar Bomba présentée à l’exposition «70 ans de l’industrie nucléaire.
Succès en chaîne»

Les modules irradiés à la centrale nucléaire de Civaux seront transmis au commissariat à l’énergie atomique (CEA) qui utilisera le tritium pour l’industrie de la défense. Le projet sera financé par les militaires. Ils seront également responsables du transport du lithium irradié.

Capacités perdues

Jusqu’en 2016, une grande partie des infrastructures nucléaires françaises appartenait à la multinationale Areva, dont la participation majoritaire était contrôlée par l’État. Après sa faillite et l’annonce de son insolvabilité, les structures d’Areva ont été vendues à l’opérateur public EDF ou reformées dans l’entreprise Orano.

Comme l’indique Le Monde, 56 réacteurs, avec une consommation totale de 9 000 tonnes d’uranium par an, sont opérationnels en France. Ils produisent 70% de l’électricité française.

L’industrie française de l’enrichissement n’est pas très avancée, 50-55% des capacités mondiales sont concentrées en Russie, affirme Igor Ostretsov : «Tous les pays se tournent naturellement vers la Russie pour l’enrichissement de l’uranium, y compris la France. Le principal fournisseur d’uranium enrichi dans le monde entier est la Russie».

L’industrie nucléaire française est devenue très dépendante de Moscou, comme l’écrivait Le Monde en novembre 2022, et le pays est prêt à «négocier de l’uranium même avec un agenda anti-russe». Les entreprises françaises EDF et Orano envoient leur combustible nucléaire pour son retraitement à une usine de Rosatom à Seversk, région de Tomsk (la seule usine de ce type au monde) pour le réutiliser, malgré les sanctions imposées à Moscou.

«Les affaires nucléaires n’ont rien à voir avec la conjoncture politique», affirme Kornev.

Usine chimique sibérienne à Seversk

Le refus de coopérer avec Rosatom «remet en question l’avenir de l’industrie de transformation» française : le pays risque de perdre la possibilité de réutiliser l’uranium et sera confronté au problème des déchets nucléaires, craint Le Monde. Fin mars 2024, le journal a écrit que le gouvernement français envisageait de construire une usine de traitement d’uranium dans le pays. Auparavant, Orano n’avait pas envisagé de construire d’usine «faute de possibilités».

Le problème pour la France est que «la construction de l’usine prendra une décennie». Entre-temps, il faudra stocker l’uranium usé quelque part.

Selon Igor Ostretsov, les pays occidentaux ont perdu la course au nucléaire face à l’URSS, puis à la Russie, en raison d’un choix erroné en faveur des centrifugeuses géantes de 12 mètres, alors que l’URSS fabriquait des centrifugeuses de 1,5 mètre. Le prix élevé de l’uranium à la fin du XXe siècle a également joué un rôle. En conséquence, la production est devenue peu rentable. C’est pourquoi l’accord Gore-Tchernomyrdine a été signé en 1993, et les États-Unis ont commencé à utiliser de l’uranium russe.

Dépendance envers les colonies

Non seulement l’industrie nucléaire assure à la France une électricité bon marché au niveau national, mais elle rapporte également des milliards d’euros au budget grâce à l’exportation d’électricité vers les autres pays de l’Union européenne. Le talon d’Achille de l’industrie nucléaire française est son manque de ressources. La France ne possède pratiquement pas de réserves propres d’uranium. Ses principaux fournisseurs étaient les anciennes colonies françaises en Afrique de l’Ouest. Mais ces dernières années, Paris a perdu le contrôle de ces ressources, reprises par la Chine, constate Igor Ostretsov.

Le Niger était l’une des principales sources d’uranium de la France, où son extraction se poursuit depuis 1971. Les anciennes colonies du Mali, du Gabon et de la Centrafrique étaient également d’importants fournisseurs. Depuis 2013, la France a déployé ses troupes dans ces pays, justifiant cette mesure par la lutte contre les rebelles.

Extraction d’uranium au Niger

Par exemple, l’armée française a mené sept opérations militaires en Centrafrique, où l’entreprise française Areva possédait des mines d’uranium dans la région de Bakouma. La dernière intervention de Paris dans ce pays a commencé en 2013 et s’est terminée en octobre 2016. Mais les forces armées françaises sont restées sur leur base militaire à Bangui jusqu’à fin 2022, date à laquelle Paris a décidé de retirer du pays le contingent restant de 130 soldats.

Dans le cas du Mali, Paris a annoncé l’opération militaire Serval en 2013, avec l’intention d’arrêter l’avancée des islamistes. Vassili Filippov, chercheur à l’Institut d’études africaines de l’Académie des sciences de Russie, attribue les objectifs de la présence militaire française au Sahel à une tentative de maintenir le contrôle sur les gisements d’uranium :

«Plus les dépenses pour les opérations militaires sont élevées, plus l’uranium africain est cher pour le nucléaire français, et moins il y a de sens à mener une campagne militaire coûteuse».

L’analyste militaire Darko Todorovsky partage cette opinion. Selon lui, Paris était intéressé par le contrôle de l’uranium au Sahel, en particulier au Niger.

Les médias européens ont critiqué les opérations militaires françaises au Sahel. Ils ont accusé Paris de lancer une «guerre néocoloniale pour les ressources en uranium de l’Afrique». Adam Elliott-Cooper, écrivain britannique et doctorant à l’Université d’Oxford, estime que Paris a jugé que les groupes armés menaçaient son contrôle sur les ressources du Mali, dont les réserves prouvées d’uranium s’élèvent à 5200 tonnes.

La France et les États-Unis se sont alliés au Sahel, profitant des capacités du Commandement américain pour l’Afrique pour soutenir l’opération militaire. Le Royaume-Uni a également fourni une assistance logistique, car il dépendait de la société française EDF, précise Monsieur Elliott-Cooper.

Début 2024, Paris a dû retirer l’ensemble de son contingent militaire du Niger à la demande du pays. La France a également perdu ses bases militaires au Mali, au Burkina Faso et au Tchad. Par la suite, le Niger a rejeté le projet de la société française Orano, spécialisée dans le nucléaire, d’exploiter l’un des plus grands gisements d’uranium au monde, celui d’Imouraren, dont les capacités de production sont estimées à 5000 tonnes d’uranium par an.

Cette décision a porté un coup sévère au système énergétique de la France et de l’Europe dans son ensemble. Selon l’agence européenne de l’énergie nucléaire Euratom, près d’un quart de l’approvisionnement en uranium de l’UE en 2022 dépendait du Niger, septième producteur mondial de ce métal. Au moment de l’intervention militaire de Paris dans les pays du Sahel, la dépendance de la France à l’égard de l’uranium nigérien était encore plus forte, atteignant 40%.

En 2023, les restrictions à l’exportation de l’uranium nigérien ont provoqué une hausse spectaculaire du prix de l’uranium et de sa transformation : son prix a atteint un record historique. Dans ce contexte, Paris cherche à réorienter ses importations d’uranium vers les pays d’Asie centrale et intensifie les négociations.

En novembre 2023, le dirigeant de la société française Orano s’est entretenu avec le président de l’Ouzbékistan. Le président français Emmanuel Macron s’est également rendu dans le pays en visite officielle. Selon Bloomberg, l’objectif de ce voyage était de renforcer la sécurité énergétique de la France grâce à des livraisons d’uranium en provenance d’Asie centrale. Le montant des investissements éventuels a été estimé à 500 millions de dollars.

Selon Igor Ostretsov, la France était l’un des champions mondiaux de l’industrie nucléaire en termes de nombre de réacteurs en service, mais elle connaît aujourd’hui une grave pénurie de combustible, un problème qu’elle pourrait ne pas être en mesure de résoudre.

«Les Français se démènent à travers le monde pour approvisionner leurs capacités», a conclu l’expert.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

source : RT France

 (C'est là qu'ils comptent déporter les palestiniens ? On ne sait jamais, netanyahu, le maître du monde a décidé un jour de pluie de les déporter au Congo, évidemment sans prévenir les congolais, ensuite de les déporter en Indonésie, 200 millions d'habitants un peu serrés sur leurs îles, sans prévenir les indonésiens, peut-être que là les somalis ? Et en attendant, main dans la main, trump et netanyhu continue le génocide du peuple palestinien. Dites-moi, vous pouvez sérieusement faire confiance en un type qui assume publiquement de participer à un génocide comme trump et qui déclare vouloir en commettre un deuxième avec les iraniens ? note de rené)

Objectif Somaliland : vers une prise de contrôle totale du trust États-Unis-Royaume-Uni-Israël ?

par Kit Klarenberg

Alors que Tel-Aviv et Washington courtisent discrètement le Somaliland pour y installer les Palestiniens déplacés de Gaza, cette enclave britannique de la mer Rouge apparaît à la fois comme une base stratégique impériale et une prison à ciel ouvert pour ces derniers, à qui Londres fournit armes, entraînement et surveillance.

Ces dernières semaines, le Somaliland a fait l’objet d’une attention médiatique sans précédent en Occident. Alors que les responsables israéliens et américains s’efforcent de trouver une destination pour déplacer de force la population de Gaza, ce territoire sécessionniste non reconnu par la communauté internationale est de plus en plus souvent évoqué comme solution potentielle.

De nombreux médias grand public suggèrent que Tel-Aviv et Washington tentent discrètement de convaincre Hargeisa. Le 14 mars, le Financial Times révélait :

«Un responsable américain informé des premiers contacts de Washington avec la présidence du Somaliland a déclaré que des discussions ont commencé sur un éventuel accord de reconnaissance de l’État de facto en échange de l’établissement d’une base militaire près du port de Berbera sur la côte de la mer Rouge».

Le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, a fait de la reconnaissance internationale son objectif principal de politique étrangère. Depuis que le territoire a déclaré son indépendance en 1991, aucun pays ne l’a reconnu comme un État souverain. Mais à la fin de l’année dernière, avant d’entrer à la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump a surpris tout le monde en annonçant son intention de reconnaître officiellement le Somaliland, faisant de Washington la première capitale étrangère à le faire.

Pour ce petit État isolé sur la scène internationale, la perspective d’une présence militaire américaine permanente, qui le protégerait de l’instabilité endémique de la Somalie, est sans aucun doute extrêmement séduisante, d’autant plus qu’elle serait liée à la reconnaissance officielle de l’État par une grande puissance mondiale.

Vers une nouvelle «Nakba»

Du point de vue de Washington, l’accord offrirait bien plus qu’un simple dépotoir pour Palestiniens déplacés, expulsés pour faire place au «Gaza-Lago» fantasmé par Trump. La situation stratégique du Somaliland sur la mer Rouge en fait une base idéale pour des opérations contre le Yémen.

Une carte actuelle de la Corne de l’Afrique.

Une telle initiative permettrait aux États-Unis de prendre pied dans la Corne de l’Afrique à un moment où les forces américaines et françaises sont chassées du continent à une vitesse vertigineuse.

Cela pourrait également contrebalancer la présence croissante de la Chine et de la Russie en Afrique du Nord. Pékin a établi sa première base militaire à l’étranger à Djibouti en 2017, et s’est depuis montré un critique agressif des politiques occidentales dans la région, tout en accueillant des navires iraniens dans ses ports.

Les stratèges de la politique étrangère de Washington ne sont pas sans savoir que la reconnaissance du Somaliland présente un intérêt stratégique. Le Projet 2025, un vaste programme politique de droite élaboré par la Heritage Foundation et destiné à servir de feuille de route au second mandat de Trump, préconise explicitement de «contrecarrer l’activité malveillante de la Chine» en Afrique. Il recommande notamment «la reconnaissance du statut d’État du Somaliland pour protéger la position des États-Unis à Djibouti, désormais menacée».

Encore un avant-poste néocolonial

N’oublions pas que l’intérêt de Trump pour le territoire a été rendu public bien avant que le Somaliland ne soit proposé comme site de relocalisation pour les 2,4 millions de Palestiniens de Gaza. En novembre 2024, l’ancien secrétaire britannique à la Défense, Gavin Williamson, a annoncé qu’il a tenu des «réunions très fructueuses» avec les «responsables politiques» de Trump sur la question, se disant convaincu que la reconnaissance est imminente.

Williamson est depuis longtemps un ardent défenseur de l’indépendance du Somaliland, effectuant régulièrement des voyages tous frais payés dans le territoire séparatiste et recevant la citoyenneté d’honneur pour ses efforts de lobbying.

L’intérêt de Williamson expose une vérité rarement évoquée : le Somaliland est, en pratique, une colonie britannique moderne. Bien qu’il ait revendiqué son indépendance de la Somalie en 1991 et que la Grande-Bretagne lui ait officiellement accordé son indépendance en 1960, le territoire reste sous la coupe de Londres.

Si les Palestiniens y étaient déplacés de force, ils seraient piégés dans une énième prison à ciel ouvert, sous l’œil vigilant de forces de sécurité formées par les Britanniques avec un long passé de répression violente.

«La gestion de l’ASI»

En avril 2019, Aktis Strategy, une entreprise sous contrat avec le gouvernement britannique, a soudainement déclaré faillite, abandonnant son personnel et ses fournisseurs à leur sort, alors qu’elle avait obtenu des dizaines de millions de livres du ministère britannique des Affaires étrangères pour des programmes de «développement» en Afrique et en Asie occidentale.

Le Somaliland Chronicle a publié un article détaillé sur la faillite de l’entreprise, qui s’est produite alors qu’elle supervisait un «projet de réforme du secteur de la justice et de la sécurité» dans le mini-État.

Des documents officiels révèlent qu’entre 2017 et 2022, Londres a alloué plus de 18 millions de livres sterling (environ 23,5 millions de dollars) à ce seul projet. Il s’agissait de l’un des nombreux programmes financés par le Royaume-Uni dans la région séparatiste en vue de soumettre l’architecture étatique du Somaliland (gouvernement, armée, système judiciaire, prisons, police, services de renseignement) à une gestion britannique efficace.

Les dossiers internes examinés par The Cradle révèlent l’étendue de ce contrôle.

Un document détaille comment la tristement célèbre agence de renseignement britannique Adam Smith International (ASI) a fourni «une formation et un encadrement permanents» à l’Agence nationale du renseignement et à l’Unité d’intervention rapide du Somaliland, tout en gérant les services médico-légaux du territoire, la surveillance des frontières, et même les procédures judiciaires par l’intermédiaire du bureau du procureur général. L’unité antiterroriste créée par les Britanniques a été créée en 2012 avec des fonds du ministère des Affaires étrangères – «sous la direction de l’ASI».

Ailleurs, l’ASI se vante de son «savoir-faire avéré en matière de relations professionnelles privilégiées» avec les hauts fonctionnaires du gouvernement, les forces armées, la police, le «secteur de la sécurité» et les responsables du ministère de la Défense. Un dossier indique que la société a «déployé d’anciens conseillers militaires britanniques» pour former l’armée et les unités du renseignement des garde-côtes du Somaliland, «[encadrer] les officiers supérieurs à la gouvernance, à la gestion et à la doctrine militaire», et même rédigé un projet de loi qui a d’ailleurs été adopté.

Entretemps, l’entreprise britannique Albany Associates s’est concentrée sur l’enseignement des mécanismes de propagande et de guerre de l’information aux dirigeants du Somaliland. Sa mission : former les ministres et les hauts fonctionnaires à générer un «flux constant d’informations» et à gérer les médias de manière proactive, pour contrer les médias indépendants.

L’entreprise a constaté que la «demande d’informations insatisfaite du public» auprès du gouvernement «sur les événements d’importance nationale» donne aux sources d’information indépendantes un poids considérable au niveau local, ce qu’il convenait de neutraliser à tout prix.

Au Somaliland, la méfiance du public vis-à-vis de son gouvernement a été alimentée par les fréquentes arrestations de journalistes et l’interdiction de certains médias. Le rôle d’Albany était donc de consolider le contrôle de l’État sur l’information, en assurant un seul discours, une seule voix, sans dissidence.

Un document officiel examiné par The Cradle.

Un camp de prisonniers potentiel

Alors que l’ASI vantait ses réformes, les documents d’une autre société, Coffey International, ont brossé un tableau plus réaliste. Il ressort de ces documents que l’armée somalienne est «l’institution la plus imposante et la plus coûteuse de l’État», mais qu’elle échappe à tout contrôle, ses fonds étant probablement détournés à des fins obscures. Les abus commis par l’armée ne sont pratiquement jamais sanctionnés.

La police, quant à elle, a «un passé d’usage disproportionné de la force» et ne dispose pas d’une «unité dédiée à l’ordre public». Coffey a proposé d’en créer une au sein de l’Unité de protection spéciale, une force paramilitaire chargée de protéger les organisations étrangères et leur personnel. À l’époque, l’unité n’avait pas pour mandat de contrôler les foules ou de gérer les manifestations pacifiques.

Ce document de juillet 2015 recommandait que la police du Somaliland soit formée au Royaume-Uni par la police nationale, sur les droits de l’homme, la gestion des foules et les premiers secours. Objectif : inculquer «la proportionnalité, la légalité et la responsabilité» à l’ensemble des forces de police du Somaliland. Toutefois, si cette formation a bien eu lieu, elle n’a eu aucun impact visible.

Fin 2022, des manifestations de masse ont éclaté dans la ville en conflit de Las Anod. Les troupes du Somaliland ont réagi avec une violence extrême, tuant des dizaines de personnes. La répression s’est intensifiée et, en 2023, l’armée du Somaliland a pilonné la ville sans discernement. Amnesty International a qualifié cette attaque d’«aveugle», visant des écoles, des hôpitaux et des mosquées, déplaçant des centaines de milliers de personnes et en tuant des dizaines d’autres.

C’est dans ce contexte qu’Israël et ses parrains occidentaux sont sollicités par le Somaliland : il dispose d’un dispositif de sécurité répressif, géré par les Britanniques, capable à tout moment d’étouffer toute forme de dissidence. Si Washington y installe une base pour frapper le Yémen, les Palestiniens pourraient également être pris en otage – des boucliers humains au sens littéral du terme – pour dissuader les forces armées alignées sur Ansarallah de se venger de l’attaque.

On ne peut qu’espérer que ce plan pervers capote à la même vitesse que les précédents projets américano-israéliens d’expulser les Gazaouis vers l’Égypte ou la Jordanie.

La vraie question est maintenant de savoir si les dirigeants du Somaliland sont désespérés au point de sacrifier leurs 34 années d’indépendance pour obtenir la reconnaissance internationale assortie d’une hégémonie militaire, politique et sécuritaire totale des États-Unis, du Royaume-Uni et d’Israël.

source : The Cradle via Spirit of Free Speech