(Surtout su l'Ethiopie veut adhérer à l'AES avec le Mali, le Niger, le Burkina-Faso. note de rené)
par Federico Winer
Sans demander la permission à personne, le Burkina Faso et ses voisins le Mali et le Niger cherchent à rompre avec les vieilles chaînes pour écrire un nouveau chapitre politique en mélangeant des ingrédients piquants : jeunesse, pétrole et pouvoir.
À Ouagadougou, Burkina Faso, à chaque coin de rue, on a la chance d’entendre des rumeurs sur des conspiration et des alliances secrètes. La poussière ne pardonne pas au costume étincelant, il ne s’arrête pas devant les boucliers, blindé des fonctionnaires. Ici, tout flotte entre le visible et le souterrain. La chaleur oblige à se mettre à l’ombre et les regards inquiets, attentif, à la prochaine manœuvre, limite ce qu’on dit à voix basse : le Sahel ne baisse plus la tête.
UN. Le Burkina Faso, le Malí et le Níger ont un PIB par tête, parmi les plus bas du monde avec quelques 800 $ de moyenne selon la banque mondiale, mais leur direction mise sur le disruptif, les attentes de changement grâce à la gestion des innombrables ressources naturelles qu’abrite le territoire, comme l’or et l’uranium.
Le destin porte des cicatrices depuis que les puissances européennes ont partagé le continent, et, pendant des décennies, ils ont supporté la tutelle et la danse des dictateurs qui entrait sortait par la porte fendue du pouvoir. Le franc CFA, une monnaie qui porte le cachet invisible de l’empreinte française, reste fermement attaché à l’économie de Paris.
Chaque billet qui circule représente non seulement une valeur économique mais aussi un flux constant de réserves vers les banques françaises où une partie des richesses produites en Afrique est retenue sous prétexte de stabilité monétaire et de garantie de convertibilité. Cette structure permet à l’Europe de contrôler les politiques de charge et les politiques monétaires : un colonialisme moderne. Par exemple, les grandes entreprises françaises opèrent avec des avantages dans des secteurs clés et bénéficient d’accords et de marchés protégés alors que la dépendance se perpétue avec des contrats qui favorisent les capitaux étrangers.
La structure politique créée par les européennes dans les années 70, après la décolonisation, répond à la CEDAO (communauté économique des États d’Afrique occidentale) créer pour faciliter l’intégration régionale. Au Burkina Faso, la méfiance envers les rencontres à Abidjan (Côte d’Ivoire et siège de l’organisation) reflète la sensation d’un jeu avec des cartes truquées.
DEUX. La mémoire collective au Burkina Faso a des points de référence : Thomas Sankara, le président-chanteur qui a prédit l’indépendance et a volé trop près du sol, a laissé une trace indélébile dans l’imaginaire local. La tombe de ce dirigeant n’est jamais seule : des jeunes portent son visage sur des chemises dans toutes les protestations. Et l’histoire, inquiète, se demande si les nouvelles générations amèneront le germe d’une rébellion plus profonde.
En 2023, le tableau de la région se redéfinit. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger embrassent le concept de l’AES, l’alliance des États du Sahel. Ce bloc préfère frapper sa propre monnaie que continuer avec des billets imprimés dans des imprimerie françaises. Le plan se cuisine sans embarras et sans nostalgie. L’intégration premier un passeport, une défense, mutuelle et corridors commerciaux, loin de la vieille centralité de Dakar. Les accords débutent avec des promesses de protéger les ressources, d’imposer des patrouilles conjointes avec des uniformes qui mélange les accents et les regards méfiants.
Ce tournant provoque rapidement une réaction extérieure. La France observe avec une sensibilité d’ex-femme, la Turquie vise des contrats dans le domaine des infrastructures et la Russie répond avec des invitations à coopérer dans le domaine de l’énergie et de la sécurité. La Chine offre des routes en échange de grosses faveurs.
L’économiste sénégalais Ibrahima Wade a affirmé dans un forum récent que «ces pays gèrent des ressources équivalentes à plusieurs milliers de millions mais la dette et la dépendance structurelle créent un piège qui résiste à la volonté politique». Là, comme en Amérique du Sud, la géopolitique ne pardonne pas la naïveté.
Les réseaux sociaux diffusent des mèmes sur les présidents du Sahel avec maté et des documentaires indépendants sur YouTube de streamers comme Wode Maya, un Ghanéen qui a des millions d’abonnés. On parle de liberté comme on parlerait de la formation d’une équipe de football entre la poire et le fromage, dans le quartier. On subit aussi les obstacles de groupes armés et d’attentats mais le récit officiel insiste sur le progrès : «Nous ne sommes ni des héros ni des martyrs ni des pions. Nous sommes les auteurs», murmure un jeune sur le marché central en coupant des oignons et en regardant les caméras avec le naturel de celui qui a déjà appris à esquiver les promesses.
TROIS. Le Burkina Faso exige son propre siège et lève la main dans les forums dans lesquelles auparavant, il écoutait sans parler. Ce jeu n’est destiné ni à plaire ni à offenser, simplement, il se déploie, suscite l’intérêt et ennuient même temps.
Les histoires d’indépendance ne s’arrêtent jamais complètement ; elles laissent toujours de la place pour le retour à la table des négociations. Ibrahim Traoré, avec sa démarche d’étudiant et son uniforme de travail, résume la fatigue et le désir africain. La presse occidentale le qualifie de dictateur, de rénovateur, de danger public ; ses partisans le définissent comme l’héritier authentique de Sankara. Un San Martin en noir.
Traoré, que, dans la capitale, la plupart des gens appellent «excellence», a assisté à Moscou au Jour de la Victoire et s’est mis une médaille de la «grande guerre patriotique» (seconde guerre mondiale en Occident) bien visible, avant de donner des interviews à la télévision et de serrer la main de Vladimir Poutine. Il joue, évidemment, avec l’une des deux bandes du nouvel ordre mondial. Sans doute sera-t-il impossible, à cause de cela, de lire de bonnes nouvelles dans les médias européens.
Ainsi sont le Burkina Faso, et ses associés du Sahel, entre audace et nécessité, conscients que l’avenir n’attend pas les timides. Chaque pas dans l’arène géopolitique peut laisser une empreinte… ou les enterrer dans le premier sable mouvant venu. Mais au moins ils essaient ; et s’ils trébuchent, ils pourront dire qu’ils l’ont fait avec classe.
Les trois dirigeants du Sahel
Ibrahim Traoré (Burkina Faso) a pris le pouvoir en septembre 2022, après un coup d’État qui a déposé le gouvernement précédent. À à peine 34 ans, il combine l’uniforme militaire avec une forte rhétorique anti-impérialiste et nationaliste et revendique l’héritage de Thomas Sankara. Sa gestion est centrée sur la souveraineté économique, l’expulsion des forces étrangères et la stimulation de l’indépendance énergétique et technologique.
Assimi Goïta (Malí) est devenu président armée 2021 après avoir dirigé deux coups d’État en 2020 et 2021. Général de carrière, il a suspendu la Constitution et redéfinit les institutions nationales sous un pouvoir militaire fort. Son discours insiste sur la lutte contre le terrorisme islamique et la reconstruction de la stabilité intérieure bien que son Gouvernement ait été critiqué pour avoir limité la démocratie et réprimé l’opposition.
Abdourahamane Tchiani (Níger) a pris le pouvoir en juillet 2023, après un coup d’État qui a déplacé le président civil Mohamed Bazoum. En tant que chef des forces armées, il dirige une transition militaire avec des promesses de rétablissement de l’ordre et de défense de la souveraineté nationale face à l’influence étrangère. Son mandat provoque l’incertitude politique et l’inquiétude internationale concernant le tournant démocratique du pays.
source : Resumen Latinoamericano via Bolivar Infos

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